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Dossier spécial « animaux », partie 1 : l’ostéophatie

Dossier spécial « animaux », partie 1 : l’ostéophatie

Les animaux, instinctivement, trouvent par eux-mêmes leurs « médicaments » dans la nature : bains de boue s’ils sont blessés ou pour se protéger des piqûres d’insectes, argile ingérée pour neutraliser certaines toxines ou se supplémenter en oligoéléments… La phytothérapie n’a également plus de secret pour eux : des plantes mâchouillées, recrachées… comme l’herbe à chat ou le chiendent (en anglais dog grass) qui ne portent pas ces noms pour rien ! Et quand vous voyez un chat masser un de ses congénères, sachez qu’il masse peut-être une zone précise où passe un méridien d’acupuncture !

Ostéopathie

Cette médecine manuelle permet de rendre la mobilité à nos compagnons également. Populaire chez le cheval (de course), elle s’est généralisée aux chiens, chats et même aux lapins et aux animaux de rente ! L’ostéopathie dans la filière de l’élevage bio est également en plein développement. Le cahier des charges limitant le nombre de césariennes par an, les ostéopathes sont donc sollicités pour faciliter les mises-bas par voie naturelle.

Stéphanie Franquet est vétérinaire. Durant ses études, elle s’est énormément intéressée aux médecines dites « alternatives » ; elle a donc suivi une formation de deux ans en ostéopathie équine et canine/féline. Mais elle a aussi étudié la dentisterie équine car la relation entre les problèmes dentaires et les lésions ostéopathiques est très importante chez le cheval. Cela lui permet donc de traiter les différentes zones à problèmes et d’avoir une vue d’ensemble de l’animal. Elle propose aussi la physiothérapie et l’hydrothérapie pour la rééducation des animaux suite à un accident ou à une chirurgie orthopédique ou neurologique.
Comme tout métier, nous confie-t-elle, c’est en pratiquant qu’on acquiert de l’expérience et qu’on arrive à une perception de plus en plus fine et aiguisée.

La consultation

Une palpation rapide de l’ensemble du corps, de la tête à la queue est effectuée. Cela donne une première impression et une mise en confiance avec l’animal. S’ensuit une palpation plus approfondie, particulièrement dans les zones en lésions précédemment détectées ; et, bien sûr, le traitement de ces lésions, toujours par des techniques douces.
Il est parfois nécessaire de revoir l’animal 2 à 3 semaines après la première consultation pour une visite de contrôle ou pour terminer le travail lorsqu’il y avait trop de lésions présentes lors de la première consultation.

La grande différence par rapport à un traitement sur l’humain est qu’on ne peut pas demander à l’animal d’adopter telle ou telle position pour permettre les manipulations. L’animal ne parle pas non plus, du moins pas oralement.

Malgré tout, un animal en souffrance sait très bien se faire comprendre et va nous guider pour nous permettre de le soigner. Il est primordial qu’un climat de confiance soit présent lors de la consultation, sous peine de n’arriver qu’à de piètres résultats.

Conseils avisés

petsOn n’achète pas un animal comme on achèterait un vélo ! Cette décision doit être mûrement réfléchie. En choisissant de travailler avec des personnes compétentes et passionnées pour le choix de son animal, on s’assure de démarrer avec un animal bien dans sa tête et on limite le risque de maladies génétiques.

Autre point hautement important : l’alimentation. « Que ta nourriture soit ta première médecine » disait Hippocrate. Et il avait raison ! L’alimentation doit être complète et équilibrée. Les erreurs ne se payeront pas tout de suite, mais parfois après plusieurs mois ou années et il sera alors bien compliqué de changer la donne. L’obésité est un vrai problème en médecine vétérinaire même si de nombreuses solutions existent. C’est aussi vrai en ce qui concerne la santé ostéo-articulaire puisque le surpoids prédispose l’animal à souffrir d’arthrose.

L’animal doit aussi pouvoir se dépenser tous les jours en fonction, bien entendu, de sa race. Mieux vaut bien se renseigner avant d’accueillir chez soi une race « à hauts besoins » sous peine d’accumuler les problèmes, physiques ou comportementaux.

Les compléments alimentaires peuvent également être très utiles, notamment les compléments articulaires utilisant la phytothérapie. Mais il faut savoir les utiliser à bon escient et faire le tri entre le meilleur et le pire dans un marché du pet food saturé.

Une bonne alimentation est primordiale, tant en qualité qu’en quantité. Les propriétaires sont généralement sensibilisés aux besoins nutritionnels particuliers de leur chiot. Par contre, peu de personnes pensent à adapter l’alimentation de leur chien senior. Or, tout comme nous, avec l’âge, les besoins alimentaires peuvent changer et il est important d’adapter la ration en conséquence.

L’alimentation d’un animal malade peut aussi représenter un challenge car certaines pathologies (l’insuffisance rénale chez le vieux chat, par exemple) ont pour conséquence une perte d’appétit parfois très importante pour l’animal et ce, sur le long terme. L’industrie du pet food propose de nombreuses solutions nutritionnelles adaptées aux animaux souffrant de pathologies. Mais la ration ménagère est également une solution qui permet d’élaborer des menus « à la carte » pour chaque animal, en fonction de son âge, son activité, son mode de vie et ses pathologies éventuelles. Elle demande par contre de dédier davantage de temps à la préparation des repas que l’alimentation industrielle !

Des praticiens qui collaborent

Travailler en collaboration avec d’autres vétérinaires spécialisés (nutrition, phytothérapie, acupuncture…) permet d’allier différentes thérapies et d’amener d’excellents résultats, le problème est ainsi attaqué par différents fronts.

Hydrothérapie et physiothérapie

L’hydrothérapie fait partie intégrante du panel de soins vétérinaires. C’est une méthode thérapeutique douce de rééducation fonctionnelle qui est indiquée dans le traitement de nombreuses pathologies orthopédiques et neurologiques. Cette technique connaît un bel engouement depuis 4 ou 5 ans. Mais nous accusons un retard important par rapport à certains pays comme l’Allemagne, l’Angleterre et les états-Unis, chez qui la physiothérapie fait partie intégrante de l’arsenal thérapeutique vétérinaire et ce, depuis déjà de nombreuses années. Malgré tout, les mentalités évoluent et, comme ils le font pour eux, les propriétaires se tournent de plus en plus vers des médecines dites « alternatives » pour le bien-être de leurs animaux.

Stéphanie Franquet

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