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Dossier spécial « animaux », partie 2 : l’homéopathie

Dossier spécial « animaux », partie 2 : l’homéopathie

Homéopathie 

A l’inverse de l’ostéopathie et de l’acupuncture, cette médecine peut être appliquée à tout un troupeau ! Tel un seul ensemble, les bêtes seront traitées via leur eau.

En période d’entraînement ou de compétition, l’homéopathie possède aussi un avantage : elle est non-dopante, contrairement à certaines plantes qu’on ne peut donner à un cheval inscrit à une épreuve officielle, comme l’harpagophytum par exemple !

BioInfo a posé quelques questions à Alix Raes et Dominique Poskin (vétérinaires pour animaux de compagnie), qui précisent que leur rôle, en tant que vétérinaires, est tout d’abord de suggérer aux maîtres une dynamique de vie pour leur animal qui préservera leur bonne santé. Et lorsque les animaux tombent malades, ils les soignent avec toutes les connaissances à leur disposition.

Fanny Antoine : Certains symptômes ne peuvent être décrits ; dès lors, comment faites-vous pour  « interroger » l’animal ? 

Alix Raes : En tant que vétérinaire, j’ai l’habitude que mes patients ne me « disent » rien : ce sont les maîtres qui ont observé quelque chose d’anormal et me l’expliquent. Cela démarre parfois avec : « Il n’est pas bien, Docteur ! ».

Alors, je questionne les maîtres, comme le font les pédiatres avec de petits enfants : Comment, pas bien ? Qu’avez-vous observé ? Que ne fait-il plus comme d’habitude ? Que fait-il et qu’il ne faisait pas avant ? Je m’informe aussi sur les grandes fonctions : respiration/toux, digestion, locomotion etc. Il y a aussi tout l’examen clinique où comme vétérinaire, nous avons le grand avantage d’avoir des patients qui ne « mentent » jamais ! Si l’animal a une douleur, je le verrai à ses réactions lors de la palpation.

En tant que vétérinaire homéopathe, tous ces symptômes me sont très utiles pour trouver le remède qui va guérir l’animal. Ce sont eux qui m’informent de quelle façon l’animal est tombé malade. Par exemple pour la toux, il est très rare que deux patients toussent de la même façon : toux grasse ou sèche, très fréquente ou seulement 3-4 fois par jour, surtout la nuit, d’autres le jour, certains avec fièvre et manque d’appétit, d’autres en pleine forme… Ils ne recevront donc pas le même remède. Je rechercherai toujours, si possible, le début des symptômes (Quand cela a-t-il commencé ? S’est-il passé quelque chose ce jour-là, la veille ?).
Les maitres sont donc mes alliés les plus précieux pour interroger leur compagnon : personne ne connaît mieux leur animal. En homéopathie, toute maladie est considérée comme un déséquilibre de l’énergie vitale, et chaque fois que l’animal (ou l’humain) reçoit un remède, son énergie vitale est restaurée et son immunité n’en sera que d’autant meilleure pour résister à d’autres éventuelles maladies.

F.A. : Les animaux présentent-ils, comme les humains, un terrain dès leur naissance ?

A.R. : Contrairement à l’être humain, l’animal est « parfait » à sa naissance : toutes ses fonctions sont prêtes à servir sa nature profonde, il ne reçoit pas d’héritage transgénérationnel. Mais tout le monde n’est pas d’accord sur ce point : suite d’expériences personnelles ou d’anthropomorphisme ? Toujours est-il qu’il y a aujourd’hui chez nos animaux domestiques une prédisposition par races pour certaines maladies. Les causes de cette dégénérescence sont diverses ; je pense que l’alimentation qui depuis +/- 30 ans est dominée par des aliments industriels (apparus il y a +/- 50 ans), le mode d’élevage (industrialisé lui aussi, trop souvent) et la sélection génétique y jouent un grand rôle. Certaines races comme le Bouvier Bernois, dont la moyenne d’âge était de 12 ans initialement est ramenée aujourd’hui à 8 ans ! Même chose pour les chats européens (où aucune sélection génétique ou mode d’élevage n’interviennent) : la moyenne est passée de 18-20 ans à 14 ans. Il y a encore 30 ans, il n’était pas rare que je rencontre des chats de plus de 20 ans ; aujourd’hui, je n’en vois quasiment plus.

F.A. : Voyez-vous parfois un animal souffrir de la même pathologie que son maître ?

A.R. : Oui, cela arrive. Par exemple le diabète qui est essentiellement d’origine alimentaire chez l’animal. Souvent la façon de se nourrir influence la façon de nourrir son chien ou son chat. L’obésité n’existe pas dans la nature. Aujourd’hui, nos chiens en souffrent, et même nos chats qui deviennent de moins en moins « difficiles » et donc plus faciles à gaver vu les exhausteurs de goût mis dans leurs aliments en boîtes ou croquettes. Pourtant ils ne se rendent pas dans les magasins, n’ont pas accès au frigo ni aux armoires. Alors… ? Les chiens et les chats sont des animaux qui rentrent dans nos maisons pour nous accompagner dans notre vie. Au début, le chien aidait l’homme pour ses travaux : garde, chasse, etc. et le chat venait chasser les souris. Leur fonction première a progressivement disparu. Les êtres humains s’isolent de plus en plus et se tournent vers leurs amis à 4 pattes pour leur tenir compagnie, les servir, entretenir une relation « vivante » avec un être vrai, spontané, franc et fidèle.

Mais dans certains cas, si on ne tient pas assez compte des besoins du chien (jouer, promener, se distraire…) ou du chat (nocturne, aimant être libre, occuper seul son territoire…), ils décompensent après un certain temps et peuvent « absorber » (sans pour autant les en guérir) les maladies de leurs maîtres. Ce type de maladie révèle le dysfonctionnement existant dans la maison, et l’anamnèse faite (comme expliquée précédemment) pourra aider l’animal et son (ses) maître(s). Un remède homéopathique bien choisi pourra débloquer la situation pour l’animal, d’autant plus vite que le maître a compris comment il est tombé malade.

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F.A. : Beaucoup de problèmes psychologiques des animaux ne viendraient-ils pas du fait qu’on les a éloignés de la nature ?
A.R. : ça dépend lesquels : si vous avez décidé d’adopter un crocodile comme animal de compagnie, oui bien sûr, vous aurez beaucoup d’ennuis de l’avoir éloigné de la nature ! Mais pour nos chiens et chats, ce n’est pas le cas. Ce sont les animaux de compagnie de l’homme par excellence, qui ont accepté de quitter leur nature « sauvage » pour se sociabiliser au contact de l’être humain. Il est par contre très important d’observer la nature pour voir comment elle fait pour maintenir en bonne santé les canidés et les félins (mode de vie, solitaire ou en groupe, alimentation, activités, etc.). On peut demander conseil à son vétérinaire et essayer de faire de son mieux. Mais au départ, il est essentiel de bien se connaître et de choisir son compagnon en fonction de son caractère et de son mode de vie. N’allez pas choisir un Border Collie si vous aimez une vie calme, contemplative, et que la promenade et les jeux ne sont pas votre tasse de thé ! Aujourd’hui, hélas, l’élevage des chiots surtout ne se pratique plus selon les règles naturelles (présence de la mère et de la fratrie pendant un temps suffisant, sociabilisation adéquate des chiots avec humains de tous âges, avec d’autres animaux…). Si l’éducation de base n’a pas été reçue, ce n’est pas toujours facile à récupérer ensuite.

L’anthropomorphisme est aussi quelque chose qui trouble le chien surtout (le chat est plus libre et n’est pas à éduquer à proprement parler comme le chien) : si le maître n’éduque pas son chien comme un chien mais comme un enfant, le chien en sera troublé, deviendra capricieux ou dominant, voire agressif ou incapable de rester seul.

F.A. : Que pensez-vous de l’effet placebo chez les animaux ?

A.R. : Il n’existe pas chez l’animal : je donne toujours les granules sous forme diluée à mes patients. Si je ne mets que de l’eau, je vous assure qu’il ne se passerait rien. Sauf si le maître, en administrant chaque jour un placebo à son animal, lui transmet en même temps son énergie personnelle. Alors il y aura quelque chose qui passera mais qui proviendra de la relation. L’utilité du placebo sera dans ce cas pour le maître et non pour l’animal. Mais cela a du sens aussi, l’animal ne pouvant guérir sans son maître et sa façon de fonctionner. Un animal n’a pas besoin de placebo, contrairement parfois à l’être humain, où le côté psychologique de la prise d’un médicament reçu après une relation avec un médecin l’aide à guérir. L’animal ne « sait » pas ce qu’on lui donne, et ne connaît pas la gravité de sa maladie. Il n’en déprimera que si son maître déprime de le voir malade en connaissant le diagnostic.

F.A. : Faire appel à plusieurs médecines en même temps, ne serait-ce pas trop pour l’animal ?

A.R. : Il vaut mieux effectivement ne pas trop le stimuler énergétiquement dans plusieurs directions, surtout s’il est déjà affaibli. Mais, par exemple, l’homéopathie est tout à fait compatible avec l’ostéopathie. De même, on peut donner des fleurs de Bach pour soutenir émotionnellement l’animal après la fin de l’effet d’un premier remède et avant le suivant, surtout dans les problèmes chroniques. Par contre, si on veut soigner une diarrhée par homéopathie et en même temps donner un médicament allopathique, le remède aura bien du mal à faire son effet. Mais dans certaines maladies chroniques impressionnantes, comme l’épilepsie, si je vois un cas qui est déjà sous traitement et que les maîtres souhaitent l’arrêter mais ont des craintes de revoir les crises, on peut arriver à diminuer les doses, voire même à supprimer le médicament quand on a le bon remède. L’effet apparaîtra, mais plus tard forcément, quand on pourra faire la part des choses (de quoi vient l’amélioration ?). L’idéal étant d’arrêter le traitement allopathique pour désintoxiquer l’organisme afin qu’il récupère son énergie pour répondre au remède.

F.A : Comment accompagner son animal en fin de vie ?

A.R. : Tout dépend de ce qui l’amène à la fin de sa vie. Si c’est une maladie très douloureuse (ostéosarcome par exemple), l’euthanasie est la solution la plus appropriée. Il y a moyen de se préparer à vivre cette séparation sans culpabilisation, qui est souvent ressentie par les maîtres. Si l’animal termine sa vie sans douleur, par épuisement dû à un âge avancé, une anémie terminale, ou autres, il est possible avec quelques remèdes bien choisis d’aider votre compagnon à terminer sa vie en douceur et naturellement. Mais là, ce seront les rapports personnels des maîtres avec la fin de vie et la mort qui entrent en jeu. Il n’y a pas de raisons de vouloir laisser son animal terminer sa vie naturellement si cela vous rend malade ! Certains demandent l’euthanasie dès l’annonce du diagnostic alors que l’animal va encore relativement bien, et d’autres ont la patience d’attendre le dernier souffle s’il n’y a pas de souffrance. Je pense qu’il est important d’accompagner son animal comme on l’a fait toute sa vie : du mieux dont on est capable, et dans une relation de confiance avec son vétérinaire.

F.A. : Nous donneriez-vous quelques exemples de problèmes avec leur remède ?

A.R. : En homéopathie, il n’y a pas de remède « tout fait » pour chaque pathologie. Le remède est personnel à chaque animal, même si Arnica pourra aider beaucoup de chiens ou de chats qui ont reçu un choc ou un coup ou ont été mordus. Mais je ne pourrai jamais vous conseiller par téléphone un remède pour un chien qui se gratte ou qui est incontinent…

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