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Dans le lin, tout est bien ?

Dans le lin, tout est bien ?

Peut-être bien que oui, peut-être bien que non, vous dirait-on en Normandie, grande région productrice de lin oléagineux. Nous savons tous que la graine de lin est la championne toutes catégories des Oméga-3. Trois cuillères de graines de lin vous apportent la quantité quotidienne d’Oméga-3 recommandée. Sachant cela, votre premier réflexe serait d’en saupoudrer allègrement tous vos plats, de l’entrée au dessert. Avec son délicieux goût de noisette qui accompagne aussi bien le sucré que le salé, on voudrait accommoder la graine de lin à toutes les sauces. Mais en réalité, l’utilisation des graines de lin est plus complexe…

Les graines se défendent contre leurs prédateurs

Les prédateurs naturels des graines sont les oiseaux qui les mangent avant qu’elles ne germent pour donner naissance à une nouvelle plante. Pour se défendre, les graines de lin, à l’instar des autres graines fraîches, ont développé au cours des milliers d’années d’évolution un système complexe de protection contre leurs prédateurs. Le lin a choisi le cyanure pour se préserver : 20 g de graines de lin fraîches moulues apportent 10 mg d’acide cyanhydrique, une dose mortelle pour une poule.

La bonne nouvelle, c’est que ce poison disparaît progressivement lorsque la graine est en phase de germination. C’est pour cette raison que les oiseaux ne consomment que les graines tombées au sol, et jamais sur la plante.

Les faire tremper : indispensable !

Farine de lin stockée dans de grands contenants perméables à l’air et à la lumière, bouteilles d’huile de lin en verrelin fleur transparent, non merci…
Nos aïeux, qui utilisaient de grandes quantités de lin pour leurs animaux et leur consommation personnelle, avaient bien compris la toxicité des graines de lin fraîches et préparaient la « gâche » en trempant les graines de lin plusieurs heures dans de l’eau tiède pour éliminer l’acide cyanhydrique et les facteurs anti-vitaminiques avant de consommer ce gruau de lin.
Aujourd’hui, de nombreuses personnes broient directement leurs graines de lin dans un moulin ou achètent de la farine de lin toute prête. Ce processus de broyage non contrôlé accentue les risques de dénaturation car les différents composés du lin sont très sensibles et se dégradent vite lorsqu’ils ne sont plus protégés par leur enveloppe
protectrice constituée par la graine.
Une fois la graine de lin moulue, ses Oméga-3 exposés à l’air rancissent immédiatement. Et rien de pire, point de vue santé, qu’un Oméga-3 oxydé ! L’oxydation des Oméga-3 donne en effet naissance à une multitude de produits différents, pouvant alors entraîner des réactions inflammatoires. Une fois réduit en farine ou en huile, le lin devient très sensible à la lumière, à l’air et à la chaleur.
Aujourd’hui, seules les farines de lin estampillées Bleu Blanc Cœur (www.ouionatousledroitdebienmanger.fr), garantissent une absence totale de toxicité car elles sont produites par un procédé naturel breveté de détoxification (Brevet N° EP 1 155 626 A1) qui met en œuvre un broyage, une hydrolyse enzymatique naturelle des composés cyanogènes et une phase de cuisson douce, l’absence d’oxygène et un procédé d’extrusion qui inactive les composés toxiques.
C’est le seul procédé industriel et biologique qui garantit que les différents éléments bénéfiques de la graine de lin (oméga 3, fibres solubles, lignanes…) peuvent être assimilés sans risque.

Les lignanes du lin

En plus d’être les championnes toutes catégories de l’apport en Oméga-3, dont les effets positifs sur la santé ne sont plus à démontrer, les graines de lin sont une source exceptionnelle de lignanes, un composé bénéfique moins connu du grand public.

De nombreuses publications, sites internet et produits vantent les mérites de la graine de lin pour maigrir en mettant en avant la teneur en Oméga-3 ou en fibres solubles.
En réalité, si ces composés ont des effets sur le métabolisme, les composés les plus importants pour la régulation du poids sont les lignanes du lin et principalement le sécoisolaricirésinol-diglucoside (à prononcer à voix haute, 3 fois et très vite) : nous le surnommerons SDG pour plus de facilité.

graines linCe SDG a été décrit pour la première fois en 1955, mais ce n’est que 15 ans plus tard qu’il a attiré de manière fortuite l’attention du milieu médical, lorsque des chercheurs européens ont observé que la concentration de certaines substances urinaires était plus faible chez les patientes souffrant de cancer du sein et plus élevée chez les végétariennes. On a par la suite montré que ces substances étaient produites par la transformation des lignanes du lin (SDG) par les bactéries de la flore intestinale. Ces lignanes transformées par les bactéries intestinales (microbiote) sont communément appelées les lignanes mammaliennes, ou l’entérolactone et l’entérodiol.

Elles agissent comme phyto-œstrogènes et jouent à ce titre un rôle important dans la diminution du risque des cancers hormono-dépendants, et plus particulièrement du cancer du sein. Cette propriété fera l’objet d’un futur article dans BioInfo.

Lignanes et rythme biologique

Le cortisol et l’adrénaline sont des hormones que nous produisons en cas de stress.
Mais pas uniquement. En temps normal, du cortisol est aussi produit pour maintenir les fonctions normales de l’organisme : c’est le cortisol basal. Ce taux de cortisol libre dans le sang suit une courbe en fonction de l’heure de la journée, appelée « rythme circadien ».

Normalement, le taux de cortisol libre est à son maximum le matin : c’est lui qui nous donne l’envie de croquer la vie à pleines dents. Il diminue ensuite lentement tout au long de la journée jusqu’à atteindre son seuil minimum vers le milieu de la nuit. Nous recommençons à en produire vers 2-3h du matin.

Or, notre vie moderne, source de stress (bruit, contrariété, agressions diverses…), perturbe totalement la courbe du cortisol basal en surproduisant le cortisol dans la journée. Le pic de cortisol est alors déplacé de 6h du matin vers 16h, l’après-midi.

Ce cortisol de stress réactif perturbe notre sommeil, notre mémoire et surtout notre appétit. Nous n’avons plus faim à notre réveil tandis que nous nous ruons sur notre réfrigérateur en fin de journée pour nous déstresser.

Se déstresser avant de manger… ou manger pour se déstresser ?

Il est essentiel de retrouver la courbe naturelle du cortisol basal. Plusieurs solutions s’offrent à vous : pratiquer le yoga, la méditation ou toute autre activité relaxante. Ou… manger du lin !
Il a en effet été montré lors d’études cliniques que les lignanes du lin transformés par les bactéries intestinales en lignanes mammaliennes peuvent réduire de plus de 50 % le cortisol libre dans le sang. Dans ces études, les réponses au stress varient en fonction du type du lin (certaines graines de lin sont particulièrement riches en Oméga-3 et en lignanes) et de l’état de la flore intestinale des consommateurs.

graines delin

Pour rééquilibrer notre niveau de stress, rien de tel que de consommer à chaque repas quelques grammes de farine de lin sélectionnée pour sa richesse en Oméga-3 et préparée avec toutes les précautions nécessaires, comme par exemple le Philobio de Bleu Blanc Cœur.
Cette pratique régulière a été suivie dans le cadre d’une étude intitulée « Obésité et Syndrome métabolique ». 160 volontaires obèses et leur famille ont été répartis en deux groupes expérimentaux : la moitié du groupe a consommé 10 g de farine de lin et des produits issus de la filière Bleu-Blanc-Cœur. Cette étude a été réalisée sur une phase d’intervention nutritionnelle de 3 mois et poursuivie pendant six mois dans une phase d’observation. à la fin de la phase d’observation de 6 mois, le groupe consommateur de lin avait perdu beaucoup plus de poids que le groupe témoin et retrouvé un rythme biologique harmonieux.

Dans le lin tout est bien… à condition de savoir le consommer !

Thomas Erpicum

 

Thomas Erpicum
Docteur en Biochimie
(Université de Liège)
www.nutreine.fr

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