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Ton talent contre le mien

Ton talent contre le mien

Connaissez-vous le SEL (Système d’Échange Local) ? à Bruxelles et en Wallonie, il en existe déjà 120… Le principe : je te donne 1h de mon temps (par exemple pour te conduire à l’aéroport) et tu m’offres 1h du tien (par exemple du jardinage).  à moins que tu n’offres ce service à un autre membre du SEL. Pratique, efficace, et surtout convivial !

Il fut un temps où le SEL existait «naturellement »… Une époque que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, mais dont les plus de 60 ans se souviennent avec une certaine nostalgie… « Quand j’étais jeune, il n’y avait pas d’Internet, on se connaissait tous entre voisins, et on se rendait service quand c’était nécessaire », se souvient Gabrielle, 75 ans. Mais avec la montée de l’individualisme, ce genre de « service gratuit » a presque totalement disparu.

« Les gens rejoignent le SEL pour trois raisons, explique David Petit, employé au RCR (Réseau du Consommateurs Responsables), une plateforme chapeautant le SEL (et d’autres asbl). Tout d’abord pour l’aspect pratique. Ensuite pour la convivialité et le fait de rencontrer de nouvelles personnes. Enfin, pour des raisons idéologiques, avec la volonté de participer à un autre système économique, que l’on trouve plus juste… »
Bref, le SEL permet non seulement de répondre à certains besoins, mais aussi de connaître ses voisins (au sens large), tout en générant un mini-système économique parallèle complétant le dominant.

L’entraide, toutes générations confondues

SEL

Arthur, 18 ans, éprouve des difficultés en mathématiques. Mais Gilbert, ancien prof, peut lui offrir de son temps. En échange, il recevra des cours d’informatique de Marie, la sœur d’Arthur, 21 ans. Quant à Arthur, il ira tondre la pelouse de Juliette, sa voisine veuve. Bref, les services circulent au sein du SEL en fonction des demandes et qualités de chacun. Mais ce n’est pas parce que l’on a rendu service à Julien, que Julien devra nous rendre service. L’important étant d’offrir son temps à un membre du SEL, quel qu’il soit (contrairement au principe de troc où les services sont bilatéraux).
« Le SEL fonctionne un peu comme un compte en banque avec un quota d’heures que l’on a offertes ou reçues. En général, le maximum est de 60h, que ce soit en boni ou en crédit. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il y a beaucoup de gens qui sont prêts à offrir leurs services. La notion de générosité est d’ailleurs bien plus forte que celle de profit. » Le tout se passe via le web, où chaque SEL gère son activité en toute autonomie.

Pas une déformation professionnelle

Ce n’est pas parce que je suis coiffeur que je vais couper les cheveux des membres du SEL. Ni parce que je suis comptable, que je vais remplir leurs déclarations fiscales.
En effet, l’une des règles est de ne pas utiliser ses compétences professionnelles dans le cadre du SEL, mais bien ses talents, ses connaissances, ses qualités personnelles…
David Petit, membre du SEL depuis plusieurs années, témoigne : « Je n’ai pas eu besoin de prendre des cours d’auto-école pour apprendre à conduire : un membre du SEL s’en est chargé. Lorsque j’étais étudiant, je cherchais également un lieu pour stocker mes meubles pendant les vacances. J’ai trouvé un garage à 20 mètres de mon logement. C’était parfait ! Quant à moi, qui suis passionné par l’Indonésie, j’ai aidé un membre à préparer son voyage : les bons plans à ne pas manquer, quelques mots d’usage, des livres sur le sujet… »

Notons que certaines initiatives inter-SEL permettent aussi de loger chez un autre membre (par exemple pour des vacances). « Dans ce cas, une nuit égale une heure, précise David Petit. Sinon, on ne s’en sort pas ! »

Virginie Stassen

Virginie Stassen
www.asblrcr.be
ou www.sel-lets.be

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