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L’homme qui voulait sauver la terre avec des noyaux de fruits…

L’homme qui voulait sauver la terre avec des noyaux de fruits…

Didier Bernard est un savant pas si fou que ça… Cet ingénieur en électromécanique a eu l’idée géniale, l’an dernier, de créer la coopérative citoyenne « Endocarpe » (signifiant « noyau du fruit »), dont la finalité est de chauffer notre pays sans pollution et en contournant la déforestation…

C’est un peu par hasard que Didier Bernard a découvert l’immense potentiel des noyaux de fruits. En voyage en Italie, il réalise que ce pays utilise déjà la combustion de noyaux d’olives pour chauffer ses piscines extérieures. Une idée qui pique sa curiosité d’inventeur, tout en lui donnant envie d’aller plus loin. A plus forte raison que, selon lui, nos modes de chauffage actuels sont désastreux pour l’environnement.

« On nous vend l’idée séduisante que le pellet est un combustible biomasse et que nos chaudières ou poêles au fonctionnement automatique « ne polluent pas beaucoup grâce aux technologies actuelles ». Mais pourtant, quand on y regarde de plus près, on réalise qu’il s’agit d’une situation perdant-perdant, parce que le niveau de CO2 ne cesse d’augmenter, et que la déforestation bat son plein. De plus, même en obligeant le reboisement, il faudra à la nature plus de 50 à 60 ans avant que les arbres n’aient absorbé le CO2 produit par la combustion d’une seule palette de pellets de sapin. »

Un inventeur des temps modernes 

Didier Bernard ambitionne de créer un robot « cueilleur de fruits ». « De cette façon la boucle serait bouclée : on aurait à nouveau accès à des fruits frais grâce à la création de nouveaux vergers, à un moyen de chauffage écologique grâce aux « billets », et à une main d’œuvre gratuite. » Si le concept peut sembler utopiste, il faut savoir que Didier Bernard n’en est pas à son coup d’essai en matière d’inventions : il a en effet créé un climatiseur évaporatif (avec charbon de bois), une machine à assembler les noyaux broyés pour en faire des billes, et un séchoir pour les « billets ». Un homme plein de ressources et de savoirs qui pourrait bien devenir un acteur décisif de la scène écologique de demain !

La Belgique a perdu ses noyaux…

AC +1 105 copieCela peut paraître fou, mais il n’y a plus de noyaux en Belgique. « Les confitures sont désormais préparées à base de fruits dénoyautés provenant d’Espagne. Les vergers ne comptent qu’une très faible proportion de prunes ou de cerises. Bref, il est impossible de compter sur une production belge pour chauffer le pays. » Heureusement, le bassin méditerranéen peut aisément pallier ce manque : on y produit chaque année plus de 40 millions de tonnes de fruits à noyaux. Or, la Belgique n’en nécessite « que » 35 mille tonnes pour se chauffer, soit 1/230 de la production…

…Mais elle pourrait les retrouver !

Didier Bernard a eu l’idée de relancer la production de fruits à noyaux en Belgique. Une initiative à la fois courageuse et porteuse de sens. « Les fruits importés sont sans goût et sans fraîcheur. C’est tellement dommage. Je me suis donné dix ans pour créer un verger dans chaque commune belge. J’ai commencé à aller voir les bourgmestres, mais c’est un travail de titan. » Et cela va sans dire, cette initiative permettrait également de récolter les noyaux pour se chauffer made in Belgium…

Pourquoi le « billet » (la bille d’Endocarpe) est-il plus écologique que le pellet ?

• Parce que le CO2 dégagé pendant sa combustion est capté pendant la production des fruits par l’arbre l’année suivante. Résultat : zéro pollution. En revanche, 1 m³ de pellets de bois représente un sapin de 30 mètres de haut et de 50 ans d’âge.

Le CO2 dégagé lors de sa combustion mettra dans ce cas 50 ans avant d’être totalement absorbé…

• Parce que la production des billes d’Endocarpe n’exige pratiquement pas d’énergie, contrairement au pellet.

• Parce que les « billets » assurent la durabilité des plantations, l’absence de déforestation, l’intégration des agriculteurs et apiculteurs locaux… Et que, à terme, ce moyen pourrait remplacer une bonne partie des combustibles fossiles et nucléaires.

• Parce que ce système permettrait, une fois mis en place, de valoriser les fruits locaux (et donc de diminuer les importations de fruits moins frais).

• Parce que la production de « billets » dynamiserait les vergers belges.

• Parce que les cendres récoltées suite à la combustion de noyaux de fruits peuvent servir d’amendement dans les jardins (à défaut de remplir nos poubelles).

• Parce que le « billet » ne prenant pas l’humidité, l’emballage en sac plastique n’est pas indispensable.

Acheter un arbre pour montrer l’exemple

C’est ce que propose Endocarpe, pour le planter chez vous ou dans un verger bio si vous n’avez pas de place. « Vous serez responsable de votre arbre au même titre que la rose du petit prince de Saint-Exupéry, car l’arbre est une source sans limite de mystère, de paix, de force créative et de magie de l’instant. L’arbre fruitier est votre ami et un jour il vous offrira ses fruits. Vous pourrez emmener vos enfants ou petits-enfants au verger voir votre arbre, manger ses fruits et valoriser ses noyaux. Quel bonheur, quel exemple ! »

Infos : www.endocarpe.com

Virginie Stassen 

Virginie Stassen

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