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Du savon artisanal, doux et équitable

Du savon artisanal, doux et équitable

Loin des grandes industries pétrochimiques, de plus en plus d’initiatives locales, promouvant des produits naturels et locaux, fleurissent dans notre pays. Valérie Tubé, qui fabrique ses savons à domicile et les revend aux magasins bio, en constitue un parfait exemple !

Lorsque j’étais enceinte, il y a une dizaine d’années, je ne trouvais pas de produits pour bébés dénués de composés chimiques. Les étiquettes allaient à contre-courant de leurs messages marketing matraqueurs. C’est comme cela que j’ai eu l’idée, avec ma sœur Marlène, de lancer une fabrication maison de cosmétiques », se souvient Valérie Tubé. De fil en aiguille, les deux sœurs fondent L’Arbre à Savon, en 2014, spécialisé dans le savon saponifié à froid. Depuis, Marlène s’est retirée, et Valérie a persévéré, en parallèle d’un emploi à mi-temps dans un tout autre secteur. « La savonnerie est plus une passion qu’un job, car elle n’est pas très rentable. Mais elle rencontre mes convictions profondes allant dans le sens du respect de la planète et de l’être humain. » Après une formation comme conseillère en environnement, la Brabançonne s’est intéressée aux huiles essentielles, qu’elle introduit désormais dans ses préparations. « Je suis totalement autodidacte », précise celle qui, chaque semaine, produit l’équivalent de 150 savons et  shampoings solides, qu’elle écoule ensuite via les magasins bio.

« Autrefois, il n’était pas rare de fabriquer soi-même son savon »

Il y a 4 ou 5 générations, fabriquer soi-même ses cosmétiques n’avait rien d’exceptionnel. « Nos arrière-grands-mères le faisaient régulièrement. Ensuite, cela s’est perdu car les savons ont été commercialisés dans les magasins, puis en grandes surfaces. Et il était plus simple de les acheter « tout faits ». Pourtant, produire sa propre savonnerie n’a rien de très compliqué. Il suffit de mélanger une graisse – en ce qui me concerne, un mélange d’huile d’olive bio, de colza belge, de coco et de karité bio et équitable – de l’eau et de la soude caustique. La seule difficulté est de connaître l’exacte quantité de chaque ingrédient. Ensuite, une réaction chimique se crée, produisant dans le même temps du savon et de la glycérine, très hydratante et douce pour la peau. »

Pourquoi un savon artisanal ?

Les raisons sont nombreuses ! Outre le fait de favoriser une petite production locale plutôt qu’un grand groupe international, les savons artisanaux tels que ceux de l’Arbre à Savon sont bien meilleurs pour la peau. Et pour cause : la glycérine produite lors de la fabrication du savon est en grande partie ôtée dans les filières classiques. « En effet, la glycérine est très hydratante pour la peau. Les grandes industries l’ « optimisent » en la prélevant du savon pour la réinjecter dans des cosmétiques plus onéreux. »

De plus, la saponification artisanale a lieu à froid, ce qui signifie que toutes les propriétés des ingrédients sont préservées. « Les industries vont, quant à elles, saponifier à chaud pour des raisons de rentabilité. En effet, un savon saponifié à froid doit sécher entre 4 et 6 semaines (ce qui exige un stockage long), là où la saponification à chaud réclame seulement 2 ou 3 jours de séchage. »

Enfin, les savons de Valérie Tubé sont « surgras ». Mais que signifie au fond ce terme commun en savonnerie, mais rarement expliqué ? « Cela veut dire que l’on utilise davantage d’huile qu’il ne faut pour réagir avec la soude caustique. L’huile y est donc en surplus – de 6% dans notre cas – ce qui permet d’hydrater la peau en profondeur, en complément de la glycérine. » à la fin du processus, la savonnière incorpore encore des huiles essentielles bio pour parfaire l’efficacité de ses produits. « Ils servent également de conservateurs naturels », précise-t-elle.

Un shampoing d’un genre nouveau

Avez-vous déjà entendu parler du shampoing solide, que l’on frotte directement sur le cuir chevelu pour le libérer de ses impuretés ? Valérie Tubé le fabrique elle-même, en complément des savons. « En fait, les shampoings ne sont pas très différents des savons au niveau de leur composition. Les shampoings liquides auxquels nous sommes habitués utilisent du potassium plutôt que de la soude caustique. De mon côté, j’y introduis aussi de l’huile de ricin, qui permet de faire mousser la préparation, ce qui est nettement plus agréable lorsqu’on se lave les cheveux. » La savonnière propose deux shampoings différents : le premier, aux œufs (issus de ses propres poules !), s’adresse aux cheveux de bébés ou secs et sont dénués d’huiles essentielles. Le second shampoing est, quant à lui, destiné aux cheveux gras, usés, fatigués. « J’y ajoute du rassoul pour absorber le sébum et de l’huile essentielle d’ylang-ylang, un tonifiant capillaire. »

Où trouver les produits de L’Arbre à Savon ?

Les savons, savons à barbe, shampoings et baume pour les lèvres (un mélange de trois huiles exclusivement) sont disponibles sur le site www.larbreasavon.be, dans les magasins bio, les coopératives, les épiceries participatives, ou encore certains gîtes et fermes belges.   

      Virginie Stassen

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