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Le danger des perturbateurs endocriniens, ces toxiques qui nous empoisonnent

Le danger des perturbateurs endocriniens, ces toxiques qui nous empoisonnent

Une nouvelle menace invisible s’attaque à notre santé. Elle est partout : dans l’air que nous respirons, dans les aliments que nous mangeons, l’eau que nous buvons, dans les vêtements que nous portons, les produits d’hygiène et cosmétiques que nous utilisons au quotidien. Les responsables : des substances qui perturbent nos hormones, les perturbateurs endocriniens. Où se cachent-ils ? Comment s’en protéger ?

Les perturbateurs endocriniens sont des substances omniprésentes dans notre environnement, qui modifient le fonctionnement de notre système hormonal (appelé aussi endocrinien) même à de très faibles doses avec des conséquences néfastes sur notre santé. Ils sont suspectés d’être à l’origine d’un grand nombre de pathologies : problèmes de fertilité, pubertés précoces, cancers hormono-dépendants (seins, ovaires, prostate), mais également diabète, obésité, troubles du neuro-développement et bien d’autres.  Leur exposition est particulièrement dangereuse pendant la grossesse avec un risque important pour le fœtus, mais aussi lors de la petite enfance et l’adolescence, qui sont des périodes d’activité hormonale intense. Plus grave encore : leurs effets délétères affectent la descendance ! Cette menace est un véritable scandale sanitaire, autorisé et bien souvent nié par les autorités européennes, mais exploité par les industriels.

Que sont les perturbateurs endocriniens (PE) ?

Le débat fait actuellement rage pour définir ce qu’est un PE et comment le réglementer au niveau européen. Les enjeux économiques sont bien évidemment de taille, et le lobbying de l’industrie chimique puissant. Nous y reviendrons. L’Organisation Mondiale de la Santé a proposé en 2002 la définition suivante : un PE est « une substance ou un mélange exogène qui altère la/les fonction(s) du système endocrinien et, par voie de conséquence, cause un effet délétère sur la santé d’un individu, sa descendance ou des sous-populations ». Cette définition affiche clairement le danger des PE !

La cible des PE : le système hormonal (endocrinien)

Celui-ci regroupe les organes qui sécrètent des hormones : thyroïde, ovaires, testicules, glandes surrénales, pancréas, et le chef d’orchestre des activités hormonales : l’hypothalamus, qui transmet à l’hypophyse les informations dont les autres glandes ont besoin. Le tissu adipeux produit également des hormones, qui sont aussi la cible de PE incriminés dans l’explosion de l’obésité et du diabète. Le système hormonal régule des mécanismes physiologiques essentiels au bon développement et au fonctionnement normal de l’organisme. En perturbant le système hormonal qui ne pourra plus jouer son rôle de régulateur, les PE entraînent des réactions inappropriées de l’organisme et des effets néfastes sur la santé. Toutes les fonctions hormonales peuvent être altérées, avec des conséquences plus ou moins graves selon la période d’exposition. Une exposition in utero peut conduire à des changements silencieux qui ne se manifesteront qu’à l’âge adulte.

Un mode d’action particulier 

L’effet des PE ne suit pas les règles de toxicologie classique. Cette approche ne peut donc s’appliquer pour évaluer leur toxicité. En effet, pour toute substance toxique classique, la dose fait le poison et il est possible de définir une dose en-deçà de laquelle aucun effet toxique n’est observable. Les PE échappent à cette règle !

• Ils peuvent avoir des effets à de faibles doses plus importants qu’à des doses plus élevées

• Ce n’est pas la dose mais la période d’exposition qui devient cruciale (périodes de grande vulnérabilité : période fœtale, petite enfance et puberté)

• Les effets ne sont pas toujours immédiats : il peut exister un temps de latence entre la perturbation endocrinienne et l’effet néfaste sur la santé

• Les effets peuvent se manifester sur la descendance de la personne exposée aux PE

• Ils peuvent agir en synergie, avec des effets cocktail : la combinaison de plusieurs substances à faibles doses perturbe l’organisme, sans que chacune prise isolément n’ait d’effet.

Ces caractéristiques soulèvent la nécessité d’instaurer d’autres critères pour définir les PE, un préalable nécessaire afin de mieux les réglementer.

Des produits qui ont envahi notre quotidien

Nous sommes tous exposés quotidiennement à diverses sources de PE, via l’air, l’eau, les aliments, les produits manufacturés etc. Ces PE sont, pour la plupart, issus de l’industrie agro-chimique (pesticides, plastiques…) et de leurs rejets. Beaucoup sont rémanents : ils persistent dans l’environnement de longues années. C’est le cas par exemple des pesticides organochlorés comme le DDT ou le PCB, interdits d’utilisation, mais que l’on retrouve encore dans l’environnement  et dans les  graisses de diverses espèces animales, contaminant une grande partie de la chaîne alimentaire. Certaines expositions professionnelles sont particulièrement à risque comme l’agriculture (pesticides), avec parfois des conséquences désastreuses lors d’une exposition pendant la grossesse.

Les sources d’exposition sont multiples 

Hormones naturelles ou de synthèse utilisées fréquemment de nos jours (contraception, hormonothérapie…) présentes dans les rejets humains et qui se retrouvent dans les milieux naturels.

Produits chimiques et sous-produits industriels, parmi les plus fréquents :

• Produits de combustion comme les dioxines, les furanes, les hydrocarbures polycycliques

• Phtalates et bisphénols, présents quasi dans tous les emballages et contenants en plastique, mais aussi dans les cosmétiques ou, dans le cas du bisphénol, dans les résines époxy (revêtement intérieur des boîtes de conserve)

• Parabènes, conservateurs utilisés dans les cosmétiques, certains médicaments et certains aliments comme les additifs alimentaires (identifiés sur les étiquettes par E214 jusqu’à E219)

• Pesticides et insecticides

• Retardateurs de flamme bromés : mobilier et tissus ininflammables

• Composés perfluorés : imperméabilisants, antiadhésifs, téflon, Gore-Tex

• Akylphénols : détergents, cosmétiques, produits de nettoyage

Les PE sont des poisons qui s’attaquent à notre santé 

Nous sommes tous concernés car nous sommes tous exposés de manière chronique, le plus souvent à de petites doses et cette menace est invisible. Les constats sont clairs : nous sommes tous contaminés par des PE (pesticides, insecticides, phtalates, bisphénol etc.) comme l’indiquent les diverses enquêtes menées par Générations Futures. La dernière enquête toute fraîche montre que personne n’est épargné, même des personnalités du monde de l’écologie, soucieuses de leur hygiène de vie.

Les PE peuvent affecter toutes les glandes endocrines, avec des impacts plus ou moins graves selon la fenêtre d’exposition. Leurs effets délétères sur la faune, connus depuis longtemps, sont largement documentés : déclin des populations d’oiseaux (décrit en 1962 !), masculinisation des gastropodes, féminisation des alligators…

La liste des effets nocifs chez l’homme ne cesse de se rallonger, depuis la fameuse affaire du Distilbène, œstrogène de synthèse, prescrit pour prévenir les fausses couches de 1941 jusqu’aux années 80, avec des effets clairement liés sur la descendance des femmes exposées pendant leur grossesse : cancers du sein, risque de stérilité chez leurs enfants, augmentation des cas d’hypospadias (malformation de l’urètre) chez leurs petits-enfants.

Beaucoup de PE qu’on retrouve dans notre environnement, dans les objets que nous manipulons, dans l’eau et les aliments que nous ingérons sont des xénœstrogènes, c’est-à-dire qu’ils miment l’action des œstrogènes. Conséquence : on se retrouve avec une dominance œstrogénique avec des risques réels pour la santé.

Les données s’accumulent chez l’homme :

• Des impacts démontrés sur la grossesse : troubles de la fertilité, retard de croissance utérin, troubles du neuro-développement, malformations congénitales… : DTT, PCB, herbicide atrazine, anti-mite dichlrorobenzène, benzophénone 3 utilisé dans les filtres solaires, bisphénol A, phtalates

• Des arguments forts en faveur d’un lien avec les troubles de la reproduction masculine : baisse du nombre de spermatozoïdes, hypospadias, cryptorchidies (absence de migration des testicules dans les bourses), cancers du testicule : exposition à des peintures, solvants, détergents, pesticides, bisphénol A, cosmétiques

• Puberté précoce : phtalates, bisphénol A

• Troubles de la thyroïde : phtalates, pesticides organochlorés, retardateurs de flamme bromés, résorcinol dans les colorations capillaires, triclosan dans le dentifrice

• Obésité : bisphénol, phtalates

• Diabète : bisphénol, composés perfluorés : teflon, Gore-tex

• Risques cardio-vasculaires : bisphénol A

• Augmentation de l’incidence des cancers hormono-dépendants (seins, testicules, prostate : tous les PE xenœstrogènes.

Plusieurs regroupements de médecins (Fédération Internationale des Gynécologues Obstétriciens, Société d’Endocrinologie avec 18 000 chercheurs et cliniciens spécialisés dans l’étude du système hormonal) ont publié divers rapports et alertes soulignant la responsabilité de différents  polluants de l’environnement dans les troubles de la fertilité et dans les maladies émergentes citées précédemment, et l’urgence d’agir pour réduire cette exposition. Les preuves s’accumulent et pourtant les autorités nient l’évidence !

Faut-il sur cette base se décourager, baisser les bras, névroser ou tomber dans la paranoïa ? Ce n’est évidemment pas la bonne approche. Oui, il est un fait que ces perturbateurs endocriniens sont partout ; la meilleure façon de nous protéger est de limiter les sources d’exposition dans notre environnement et de soigner notre terrain, mais aussi de nous mobiliser pour qu’une réglementation adéquate soit implémentée au niveau européen.

Comment réduire votre exposition 

Voici quelques conseils pratiques à introduire dans votre quotidien :

Soignez votre alimentation

Scrutez les étiquettes et évitez pesticides et conservateurs. 80% de l’exposition aux PE se fait par l’alimentation. La majorité des pesticides contaminant les fruits et légumes non issus de l’agriculture biologique perturbent nos hormones, et on les retrouve surtout dans les légumes les plus consommés. Les laver ou les peler n’est pas suffisant pour s’en débarrasser. La solution de bon sens est de consommer le plus possible des produits issus de l’agriculture biologique, mais aussi de saison et locaux, car des traitements antifongiques ou insecticides sont utilisés dans certaines serres et pour le stockage et transport des aliments. évitez bien entendu tous les produits à base d’OGM, dont les dangers ont été largement discutés précédemment (BioInfo n°168), avec le fameux glyphosate, véritable poison toujours nié par les autorités européennes (voir encart à ce sujet). Consommer des produits animaux non traités aux hormones et non nourris aux OGM (malheureusement, pour l’instant aucun sigle officiel n’existe en Belgique). Attention aux produits transformés, qui contiennent souvent beaucoup d’additifs, ainsi qu’aux plats préparés. Et surtout, ne les réchauffez pas dans le contenant en plastique avec lequel ils sont vendus. Et si vous préparez un bon petit plat bio, ne le gâchez pas en le faisant chauffer dans un vieux Tupperware ! Les emballages et contenants en plastique sont une source importante de PE.

Les phtalates sont présents dans quasiment tous les produits à base de PVC, pour les rendre plus souples, comme les emballages alimentaires, mais ils se trouvent aussi dans quantités d’objets courants : jouets, fournitures scolaires, rideaux de douche, boîtes de CD…

Le bisphénol A (BPA), puissant xénœstrogène, est interdit dans les biberons et contenants alimentaires pour les enfants de 0 à 3 ans. L’industrie a plus d’un tour dans son sac et contre-attaque : adieu bisphénol A et bonjour bisphénols B, M, S, AF, BADGE, qu’on retrouve dans la vaisselle pour enfants et dans le cas du bisphénol S, dans les biberons sans BPA ! L’exposition aux bisphénols est permanente dans notre environnement où le polycarbonate est omniprésent, que ce soit dans les objets que vous utilisez couramment mais aussi – le saviez-vous ? – dans les dispositifs et appareils médicaux, les coques des couveuses pour prématurés, les lentilles de contact…

Les PE ont une affinité pour les graisses, et tous les films alimentaires de grande surface contiennent en général des phtalates ou bisphénols, qui vont migrer et se concentrer dans les produits gras (fromages, viandes…). Un danger supplémentaire consiste à chauffer un emballage alimentaire contenant des phtalates ou bisphénols. Choisissez des contenants et emballages écologiques, achetez en vrac et privilégiez les contenants en verre. Le verre est votre ami !

Les cosmétiques : ne vous tartinez pas avec n’importe quoi

Onze substances ou familles de substances indésirables préoccupantes se retrouvent dans 400 produits cosmétiques, selon la dernière enquête de l’association UFC-Que Choisir publiée en février dernier. Au premier rang se trouvent les PE, tels que le BHA (antioxydant) ou encore les butyl- et propyl-parabens. La peau et les muqueuses sont particulièrement sensibles à la pénétration des PE. Le vernis à ongles est le produit contenant le plus de PE. Plus grave encore : on en retrouve aussi dans les produits pour bébé. Les résultats détaillés sont consultables sur le site de UFC-Que Choisir, qui met également à disposition une carte repère téléchargeable permettant de repérer les substances indésirables lors de l’achat des produits.

Petite promenade dans vos maisons

Vous voilà maintenant prêts à faire un ménage salutaire dans vos maisons. Et je vous propose de suivre les conseils avisés de Marine Jobert et François Veillerette* : « Assurez-vous de disposer d’un grand sac poubelle (en papier) et d’une dose importante de bonne humeur. Les deux vous seront nécessaires pour y déposer – sans trop souffrir – tous les objets dont vous risquez de vouloir vous débarrasser ». On y va !

Le ménage : suivez les recettes de votre grand-mère

Sus aux produits miracles aux parfums exotiques et à la mousse magique qui décape votre four (et vos poumons !) et retour aux bonnes vieilles recettes à base de vinaigre blanc, bicarbonate de soude et savon noir, à combiner avec quelques huiles essentielles. D’excellents guides vous donneront toutes les pistes pour que cela blinque et que cela sente bon. Et méfiez-vous des publicités montrant les horribles microbes qui grouillent et qu’il faut absolument tuer avec eau de Javel ou nouvelle mode, le Dettol à toutes les sauces pour « une maison saine et hygiénique, pour la santé de toute la famille ». N’oublions pas que cette vue hygiéniste favorise une mauvaise immunité chez l’enfant et une augmentation des allergies !

Optez pour des produits de lessive de qualité, en prenant garde aux labels. Comparez les produits d’entretien ou de lessive dits écologiques vendus en grande surface ou en magasin bio car ils ne sont pas tous équivalents.

La cuisine

Adieu spatules souples, ramequins incassables, poêles en téflon, nappe en plastique… Privilégiez verre, bois et matériel culinaire de qualité (inox 18/10…).

La salle de bain

Fini le gel douche aux senteurs chocolat ou tarte tatin ! Exit produits cosmétiques, parfums, désinfectants, serviettes hygiéniques avec des ingrédients à rallonge toxiques.

Les pièces de vie

évitez les revêtements plastifiés pour le sol et les murs et privilégiez les peintures et enduits naturels. Optez pour des meubles en bois plein plutôt que ceux en aggloméré. Attention aux canapés et tapis souvent traités avec des composés perfluorés et avec des ignifuges bromés, de même que certains textiles de décoration (rideaux…).

évitez l’utilisation d’insecticides, de désodorisants chimiques, bougies parfumées non naturelles.

Protégez les femmes enceintes et les enfants

La grossesse est une période très sensible à toute exposition aux PE, avec des risques pour le fœtus et sa descendance. Les conseils de bon sens : consommez des aliments bio, utilisez le moins possible de cosmétiques, de colorations et de parfums, bannissez les peintures classiques, surtout en spray, lavez les vêtements neufs avant utilisation avec des produits bio, en particulier ceux destinés à bébé, et évitez les vêtements avec des dessins plastifiés.  Attention aux insecticides et herbicides. évitez les activités de bricolage pendant la grossesse et dans la chambre de bébé. Certaines précautions doivent être prises en fonction de l’activité professionnelle de la future maman ; c’est le cas par exemple des coiffeuses, esthéticiennes, poseuses de vernis, qui manipulent des substances à risque pour le fœtus.

En ce qui concerne les bébés et enfants : optez pour des biberons en verre et une vaisselle de qualité, évitez celle en mélanine, bannissez les lingettes de grande surface et préférez les couches lavables ou les couches jetables sans produits chimiques.

Au niveau des jouets, évitez ceux qui viennent de loin, limitez autant que possible ceux en plastique, en vous rappelant qu’un jouet en plastique dur contient moins de phtalates qu’un jouet en plastique flexible. Dans tous les cas, aérez les produits neufs, et lavez-les et si le jouet sent toujours, virez-le ! Méfiez-vous des peluches en synthétique et des jouets en bois peints ou vernis. Passez à la machine les jouets qui le peuvent avant utilisation, et optez pour des crayons et des feutres de qualité.

Soignez votre terrain

Vous avez nettoyé votre maison, il est important de faire aussi le ménage dans votre maison intérieure ! Les PE absorbés au niveau du système digestif, de la peau ou des muqueuses doivent être transformés par cette magnifique usine de détoxification qu’est le foie pour être ensuite éliminés par les reins et les intestins. Beaucoup de PE ont une affinité pour les graisses et vont s’y stocker. Lors d’un régime amaigrissant trop brutal, ces PE vont être libérés et risquent de faire des dégâts si les capacités de détoxification du corps sont dépassées.

Nous sommes tous exposés aux PE mais nous sommes tous uniques dans nos capacités à les gérer. Et bien souvent, cela cale ! Nos émonctoires ont besoin d’aide.

Apprendre à connaître votre terrain, ses forces et ses fragilités et comment l’optimaliser est essentiel. Ceci implique également des changements d’habitudes de vie qui ne sont pas toujours évidents à prendre. La naturopathie vous accompagne dans cette démarche. à partir du bilan naturopathique individualisé basé sur divers outils dont l’iridologie, la naturopathie permet d’évaluer les surcharges et capacités à les éliminer, de rééquilibrer les systèmes et organes perturbés avec des moyens naturels et de contribuer ainsi à rétablir l’harmonie entre eux.

Le mot de la fin

Ce dossier peut déranger, avec des nouvelles inquiétantes et alarmistes. Prenons-le sous un autre angle : être bien informé sur les dangers des perturbateurs endocriniens est une opportunité. Car comment s’en prémunir si on ne connaît pas l’existence et la source de cette menace invisible ?  Certains en ont déjà connaissance, d’autres pas. Maintenant, vous êtes tous informés et vous pouvez agir.

L’inquiétante saga du glyphosate

Le glyphosate est la matière active des produits herbicides les plus vendus au monde, parmi lesquels on retrouve le Roundup. Le glyphosate a été classé par le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), une branche de l’OMS qui fait autorité mondiale sur la question du cancer, comme « probablement cancérogène pour l’homme » en 2015. Par contre, l’EFSA, l’Autorité européenne de Sécurité des Aliments, a affirmé qu’« il est improbable que le glyphosate présente un danger cancérigène pour l’homme ».

Le déni de l’EFSA est tel qu’une plainte officielle a été déposée par six ONG environnementales en 2016, soulignant « les nombreuses failles dans l’évaluation des risques du glyphosate qui sont inacceptables, illégales et dangereuses »

Selon l’avis de l’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) publié en mars dernier, le glyphosate n’est pas cancérigène. Mais ici encore, les méthodes utilisées sont contestables, se basant sur des études non publiées fournies par l’industrie, avec certains experts en conflit d’intérêts !

Et pourtant, les preuves scientifiques qui démontrent le danger du glyphosate et des autres ingrédients du Roundup s’accumulent : incidence accrue de certains cancers chez des animaux de laboratoire, troubles hépatiques allant jusqu’à une stéatose non alcoolique (maladie du foie dont l’incidence ne cesse d’augmenter depuis quelques décennies), troubles rénaux, perturbations hormonales, altération du microbiote, troubles cognitifs et du comportement… !  De plus, le Roundup est beaucoup plus toxique que le glyphosate seul, or, selon la législation européenne, seul le glyphosate serait à tester. Toutes ces données dérangent et sont mises au placard ou niées par les autorités. Pour plus d’informations, consultez les dossiers du Criigen et Générations Futures.

Les animaux d’élevage qui consomment des OGM-pesticides sont malades, présentent des malformations congénitales, et on retrouve du glyphosate dans les organes et tissus des vaches, lapins, poulets, et leurs urines…. On les consomme et on s’intoxique ! Et nos urines contiennent elles aussi des taux alarmants de glyphosate !

Une étude menée en Allemagne en 2016 sur 2009 personnes révèle que 99.6% d’entre elles sont contaminées au glyphosate, avec dans 75 % des cas, un taux cinq fois plus élevé que le maximum autorisé dans l’eau et pour un tiers de la population, des taux entre dix et 42 fois le taux maximum autorisé.

Des résultats similaires ont été obtenus en 2016 chez une cinquantaine d’eurodéputés, avec une concentration importante de glyphosate correspondant à 17 fois la norme autorisée pour l’eau potable.

Mobilisons-nous ! 

Soutenons l’action de Nature & Progrès qui propose l’instauration en Belgique d’un label « nourri sans OGM » et « issu d’animaux nourris sans OGM »

Soutenons l’initiative citoyenne européenne (ICE) « STOP GLYPHOSATE » afin d’interdire le glyphosate et protéger la population et l’environnement contre les pesticides toxiques. Pour que cette initiative aboutisse, il faut qu’un million de citoyens de l’UE la signe d’ici le 31 janvier 2018.

De bonnes nouvelles : le gouvernement wallon prend position : le principe de précaution prévaut. L’usage du glyphosate sera interdit en Wallonie dès le 1er juin 2017 pour les particuliers, et d’autres mesures suivront en 2018.

Sources :

Perturbateurs endocriniens, La menace invisible, Marine Jobert et François Veillerette, Ed. Buchet-Chastel.Perturbateurs endocriniens et maladies émergentes, Dr A. Collomb, Dr JY. Gauchet et Dr C. Lagarde, Ed. Dangles.

Tous cobayes ! OGM, pesticides, produits chimiques, Gilles-Eric Séralini, Ed. Flammarion.

www.generations-futures.fr

www.criigen.org/

www.impact-sante.fr

 

Myriam Francotte

Dr en Sciences et praticien de santé naturopathe

Vice-présidente de l’UNB (Union des Naturopathes de Belgique)

Thérapeute Essénienne

Rixensart

myriamfrancotte@hotmail.com

0478/73 35 20