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Accueillir les émotions de l’enfant

Accueillir les émotions de l’enfant

Qu’ils rient, qu’ils pleurent ou qu’ils s’enferment dans un mutisme, les enfants vivent leurs émotions dans l’ici et maintenant. Leur cœur a des raisons que leur raison ignore. C’est ce que l’on peut appeler l’immaturité émotionnelle. Expression impulsive d’un ressenti souvent difficile à mettre en mots, ces réactions, qui parfois nous surprennent ou nous irritent, ont besoin d’être accueillies avant d’être canalisées.

« Je ressens, donc je suis ! »

Les émotions de nos chérubins peuvent nous remuer, car nous les percevons parfois comme une menace sur notre sentiment d’être un « bon parent ». Il arrive qu’elles nous insécurisent, mettant en échec notre rôle protecteur. Elles réveillent inconsciemment (ou non) nos propres peurs ou chagrins d’enfant. Nous aimerions quelquefois, avouons-le, que la colère, la tristesse ou l’angoisse de nos petiots se mettent en mode veilleuse.

Seulement voilà, au cœur de leurs précieux affects, réside leur sentiment d’identité, la sensation d’exister, d’être un être à part entière. L’expression des émotions est tel un mouvement qui part de l’intérieur vers l’extérieur pour dire à l’environnement qui ils sont. L’existence d’un enfant est pleine de questions, de peurs, de frustrations, de colères face auxquelles pleurer, crier ou trembler sont des remèdes. à tout âge, la fluidité émotionnelle est garante de la santé psychique.

Les risques du déni d’émotions

Lorsqu’un enfant vit une émotion et l’exprime de façon explicite ou implicite, ne pas être à l’écoute, répondre sur le contenu, tenter de noyer le poisson équivaut à lui signifier que ses sentiments n’ont pas d’importance, que son « Je » n’est rien.

Derrière des explications rationnelles, il entend juste qu’il a tort de ressentir ce qu’il ressent. Ne pas laisser à l’enfant sa liberté d’être, ne pas l’écouter dans ses rages ou ses terreurs, ne pas valider ses sentiments implique qu’il reste celui défini par ses parents, ses professeurs, les autres. Il porte donc un masque, joue un rôle, celui de l’enfant sage comme une image, par exemple. Mais une image est dénuée de vie.

Devenu adulte, il se peut que l’enfant amputé de son propre ressenti ait du mal à faire des choix, à se différencier, à préciser ses préférences, bref, à affirmer une identité claire ! Or, ce manque de congruence engendre de la souffrance.

Comment accueillir ?

L’écoute respectueuse des émotions n’est pas céder à toute sollicitation. Les frustrations sont inévitables et l’on ne peut ni combler nos enfants, ni leur épargner tous les maux. Néanmoins, face aux peurs, aux colères ou aux chagrins, il est opportun de se montrer empathique, de favoriser la mise en mots de ce qu’il se passe dans leur cœur et dans leur tête, en posant des questions, en émettant des hypothèses. Si l’enfant est trop jeune pour pouvoir décrire verbalement son ressenti, le dessin peut s’avérer être un outil de communication efficace.

Se mettre physiquement à la hauteur de l’enfant pour s’adresser à lui, avoir des gestes d’attention, le prendre dans vos bras, lui dire des phrases qui montrent que vous le comprenez et qu’il a le droit d’être fâché ou de se sentir blessé, sont autant de moyens de gagner sa confiance et de soigner le lien.

A contrario, le comparer à d’autres enfants, banaliser ses peurs ou se moquer de ses réactions sous le prétexte de l’humour aura pour effet de l’inciter à la honte et d’entacher son estime de soi.

Certains parents hésitent, parfois à tort, à montrer leurs propres émotions aux enfants. Oser manifester notre sensibilité, c’est conforter l’enfant dans l’idée qu’il a aussi le droit de ressentir. Enfin, il n’est pas impossible que la répression systématique des émotions mute en somatisation. Alors, échangeons sur nos désirs, limites et besoins respectifs, quel que soit notre âge !

 

Sylvie Hock

Conseillère conjugale et familiale

0474/13 11 92

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