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Humusation et naturopathie : vers une vision nouvelle de l’humain et de sa fin de vie

Humusation et naturopathie : vers une vision nouvelle de l’humain et de sa fin de vie

J’ai rencontré récemment Guy Basyn, l’un des initiateurs de l’humusation. Cette nouvelle pratique funéraire, qui consiste à déposer le corps des défunts (enveloppé dans un linceul de coton bio) sur un lit de compost en vue de sa décomposition, semble être la solution rêvée pour les amoureux de la nature que nous sommes. Un retour à la terre total et définitif.

Mais qu’en penser exactement ? Et comment, dès aujourd’hui, préparer notre corps à cette ultime transformation ?

Nous, humains, accordons une telle importance à notre espèce que nous oublions bien souvent que nous ne sommes qu’une infi me partie d’un Tout qui nous dépasse et dont nous n’avons qu’une vague intuition. Nous sommes si misérables à l’échelle du cosmos. Nous foulons la terre comme des demi-dieux irresponsables et fouillons et salissons sa chair sans vergogne.

Jusqu’où êtes-vous prêt à aller ?

Mais sommes-nous partisans d’un réel changement ? Ma récente discussion avec Guy Basyn, vice-président de la fondation Métamorphose, me fait craindre que non. Il apparaît que, dès que l’on touche à certains points encore tabous (la mort, la maladie), une minorité se brusque, y compris parmi les écologistes les plus convaincus. C’est un peu comme s’il y avait une limite à notre investissement envers la terre, la nature. Et pourtant…

L’humusation, dont vous pouvez découvrir tous les détails sur www.humusation.org ,est 100% naturelle ; moins coûteuse, elle épargne la nappe phréatique et désengorge les cimetières qui menacent de déborder. Au vu de ses nombreux avantages, pourquoi l’humusation ne deviendraitelle pas la norme ? Monsieur Basyn m’a expliqué que le plus gros frein à sa mise en place reste l’opinion publique. C’est vous, c’est moi et nos mentalités. Et la raison en est bien simple : nous n’aimons pas discuter de la mort et répugnons à envisager notre propre fin. Dans le doute, nous pensons encore que certaines traditions mortuaires sont à respecter… au cas où. De là, une certaine frilosité à l’égard de la nouveauté, qui mène à la stagnation.

Humusation et naturopathie, un même combat ?

J’ai constaté le même problème avec la naturopathie. Certains n’y croient pas. D’autres vont jusqu’à l’accuser de charlatanerie. Pourquoi ? Car l’homme a peur de ce qu’il ne connaît pas. Car il craint de sortir de ces sentiers battus, taillés à grands coups de serpes marketing. Cet abrutissement est très moderne, parfaitement à la mode de la société marchande. Car nos ancêtres, eux, se soignaient par les plantes et mouraient simplement dans la nature. Plus que jamais, pour l’amour de la terre, pour l’amour de la vie, il est peut-être temps de revoir en profondeur notre approche. Monsieur Basyn et moi-même sommes tombés d’accord là dessus aussi : pour avancer, il faut éduquer, expliquer et continuer à propager nos idées. Celle d’une vie (et d’une mort pour le coup) plus consciente et responsable à l’égard de la nature. Ce combat vous appartient !

Agissons aujourd’hui !

Mais comment faire bouger les choses ? D’abord, il faut prendre conscience de la réalité, faire face à l’inéluctable sans craintes et agir en conséquence. Mangez sainement pour commencer, favorisez les produits bio sans colorants, sans conservateurs ni additifs. Gardez votre corps propre de toutes substances toxiques, soignez-vous le plus naturellement possible. Essayez de limiter votre exposition aux ondes électromagnétiques, aux pesticides, aux perturbateurs endocriniens car cette pollution représente un surplus de travail de décomposition. Et dans le cas d’un enterrement ou d’une crémation, ces matières sont irrémédiablement dispersées dans le sol et polluent (d’où l’intérêt de l’humusation). Consultez un spécialiste au besoin.

Enfin, pour ceux d’entre vous qui voudraient aller plus loin, une pétition et même un « Acte de dernière volonté » pour la reconnaissance de l’humusation comme troisième voie funéraire officielle sont disponibles en ligne. Garder aussi un oeil sur la parution prochaine du livre « Plaidoyer pour l’humusation » qui vous apprendra tout ce que vous aimeriez savoir concernant cette pratique. Pour ma part, cette rencontre a fait avancer ma réflexion et me donne encore plus à réfléchir quant à l’avenir des miens. Comme le sage Monsieur Basyn l’a très joliment dit : j’aimerais que mon corps permette de fertiliser ces arbres fruitiers desquels mes petits-enfants récolteront les fruits. Avez-vous besoin d’un meilleur argument ? Moi, pas.

Nicolas Dumont

Heilpraktiker (naturopathe)

Braine-le-Château

6, rue Marcel Plasman

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n.dumont@heilpraktiker.global

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