L’alimentation cétogène ou les bienfaits de la restriction glucidique

Il est un fait que la communauté scientifique reconnaît unanimement de nos jours: la consommation pléthorique de glucides issus essentiellement des aliments transformés est rendue responsable d’un grand nombre de pathologies dégénératives qui minent la santé de nos contemporains. Un autre aspect de la réalité alimentaire, qui en fâchera plus d’un, est que les aliments riches en hydrates de carbone, comme les céréales et les légumineuses, relarguent tous dans l’intestin, en fin de parcours digestif, des quantités non négligeables de glucose…

 
Rappelons qu’au Paléolithique, l’être humain et ses ancêtres n’ont jamais été mis en contact avec ce type d’aliments et ce, pendant deux millions d’années. Laps de temps qui a permis à notre métabolisme de parfaitement s’adapter à une alimentation pauvre en glucides mais riche en fibres végétales, graisses et protéines.

Réduire son apport en glucides
Actuellement les hydrates de carbone constituent au moins 50% de nos apports caloriques. On sait maintenant que ce gavage glucidique contribue pour une large part à l’explosion exponentielle des pathologies métaboliques comme l’obésité, la fonte musculaire, les diabètes, l’ostéoporose, les maladies cardiovasculaires, et l’effondrement du système immunitaire…

Mais que faisait l’organisme de nos lointains ancêtres lorsque leur alimentation ne pouvait couvrir leur besoin en sucre indispensable? Il n’avait pas d’autre choix que de le synthétiser dans le foie à partir des graisses ou des protéines disponibles. C’est ce qui s’appelle la néoglucogenèse hépatique.

Mécanisme physiologique qui met à la disposition de l’organisme la meilleure source de sucres qu’il puisse avoir sur le plan qualitatif et quantitatif car, dans ce cas, aucune surcharge n’est à craindre puisque le corps fabrique exactement la quantité nécessaire de glucose dont il a besoin. C’est d’ailleurs sur ce schéma que fonctionne de manière optimale le métabolisme glucidique de beaucoup d’animaux sauvages.

Augmenter ses apports en lipides et protéines
Précisons que si l’organisme utilise ses propres graisses et protéines comme sources d’énergie alternative, il risque de ne pas en avoir assez pour assurer d’autres fonctions physiologiques. Ce qui, dans ce cas, pourrait entraîner certains troubles carentiels comme la fonte musculaire, des états infectieux à répétition, un effondrement du système immunitaire ou une baisse de la libido.

Par conséquent, il faut, impérativement, que l’apport alimentaire en lipides et protides soit suffisant et même augmenté et de qualité irréprochable. Conditions qu’il est souvent difficile de remplir si les protéines et les graisses sont par exemple cuites à haute température.

C’est sur les bases de ce modèle alimentaire, que fut mis au point, dès 1921, par le Dr Russel Wilder de la clinique Mayo (Minnesota, USA), la diète dite Low Carb, High Fat (LCHF) dans le but de traiter les épilepsies.

Son principe de base: réduire la consommation des sucres au profit de celle des graisses et des protéines qui doivent être augmentées en conséquence. Alors que notre alimentation actuelle comprend en moyenne 55% de glucides, 30% de graisses et 15% de protéines, le LCHF propose de consommer jusqu’à 80% de lipides, 15% de protéines et 5% de glucides. Ces derniers doivent provenir essentiellement des fruits et légumes pour lesquels il existe des tableaux affichant, pour chacun d’eux, la proportion de glucides assimilables qui s’y trouvent par 100 g.


Le régime cétogène produit un carburant alternatif
Dont le rendement est bien supérieur à celui des glucides pris dans l’alimentation. Le faible apport alimentaire en sucre va contraindre le corps à utiliser tout d’abord ses réserves de glucides comme le glycogène hépatique et musculaire. Celles-ci étant épuisées (en 2 à 3 jours environ), ce seront les graisses alimentaires ou de réserve (adipocytes) qui, à leur tour, seront sollicitées. Libérées dans le sang sous forme de triglycérides, ces graisses seront ensuite prises en charge par le foie qui va les dégrader en corps cétoniques dits cétones.

Ce seront les cétones qui remplaceront le glucose manquant pour servir de source d’énergie alternative aux cellules. Ce processus est une adaptation ancestrale à la pénurie alimentaire à laquelle le règne animal a été confronté depuis la nuit des temps. La rareté des aliments glucidiques mis à notre disposition dans la nature sauvage démontre que l’alimentation cétogène est aussi ancienne que l’humanité elle-même.

Pour ce qui est des fruits, seule source essentielle de sucre, avec le miel, dans la nature, ils furent inexistants en hiver et pour beaucoup inaccessibles dans les régions tropicales car situés au sommet d’arbres gigantesques. Les vergers avec des arbres taillés en basse tige, produisant en abondance des fruits rendus peu fibreux et très sucrés par sélection artificielle, ne sont que des produits « pur jus » du monde moderne.

Si la méthode est appliquée dans les règles de l’art, et sachant que les cétones ont un rendement énergétique nettement supérieur à celui du glucose, les résultats ne se feront pas attendre car la cellule bénéficie alors d’une optimalisation de son métabolisme (combustion, assimilation et élimination):

• Accroissement de l’énergie et donc amélioration de l’état général ;
• Relance de la fonction hépatique et par voie de conséquence de la désintoxication des tissus ;
• Action positive sur tous les états (pré)diabétiques car régulation de la glycémie ;
• Baisse de l’insulinémie (hormone de la boulimie et de la prise de poids) ;
• Fonte progressive des tissus adipeux excédentaires avec préservation des tissus musculaires ;
• Régulation de la pression artérielle et donc de certains risques cardiovasculaires ;
• Améliorations spectaculaires des performances cognitives et des maladies neuro-dégénératives liées à l’âge ;
• Contrairement aux tissus sains, les tumeurs ne savent pas utiliser les cétones et ne peuvent survivre que grâce au glucose dont elles sont particulièrement friandes…

La pratique nous montre que les conditions idéales pour mener à bien une telle alimentation sans frustration et avec les meilleurs résultats, serait dans les proportions moyennes suivantes: 30% de protéines, 60% de lipides et 10% de glucides.


Quand l’alimentation cétogène rejoint les fondements de l’alimentation biocompatible
Suite à l’expérience de terrain, pour une approche alimentaire cétogène optimale, nous proposons:

• D’éviter tout sucre ajouté ainsi que les céréales et les légumineuses.
• La seule source de sucres doit provenir des fruits et légumes crus.
• Les protéines animales ainsi que les graisses doivent être mangées crues ou cuites à basse température.
• Le pollen frais et la spiruline sont les sources idéales de protéines végétales (car non associées à des sucres).
• Les sources de graisses doivent provenir essentiellement : des huiles végétales (1ère pression), des poissons gras (sardines, maquereaux, anchois), des viandes grasses (les plus goûteuses), des œufs, des oléagineux, des avocats, de la graisse de palmipède (oie, canard) et de la graisse de coco.

Alain Mahieu

Alain Mahieu

Biologiste et nutritionniste certifié par la Faculté Libre de Médecine Environnementale du Dr Jacques Fradin (1990). Fondateur et responsable de l’association Éfélia dans laquelle il dispense et anime des séminaires sur l’alimentation biocompatible et les Facteurs naturels de santé. Enseigne l’anatomie et la physiologie à l’école Van Lysebeth de Paris qui forme des professeurs de Yoga. www.efelia.be

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