La transition, le choix de la vie

Entrer en transition, c’est adopter une posture qui observe le principe de résilience, qui n’épuise pas le vivant mais maintient un équilibre dynamique sans perdant : rien ni personne ne fait quoi que ce soit au détriment des autres. Entrer en transition, c’est créer des systèmes qui se maintiendront sur un mode organique dynamique.

Le système dans lequel nous vivons aujourd’hui arrive à son terme parce qu’il déroge aux principes du vivant : c’est un système qui exploite, épuise, souille, détruit.

La nature produit des déchets, elle aussi, mais elle les recycle : elle observe une logique vertueuse qui, sans les humains, fonctionnerait à merveille. Voyez le principe du compost que beaucoup d’entre nous connaissent : toute une vie microbienne se nourrit de nos rebuts organiques et les soumet au processus de l’humusation : elle les rend à la terre, en les fertilisant au passage.

Ca s’est déroulé de cette manière durant des millénaires, jusqu’à l’avènement de l’ère industrielle et son enfant, la société de masse, qui exploite le vivant comme une marchandise, sans se poser la question de la résilience des systèmes.

Contrairement à ce que beaucoup croient, la transition ne se limite pas au minimalisme, au zéro déchet et au recyclage : elle observe les principes de la permaculture qui, loin de se limiter au jardinage, imprime le principe de résilience à tous les domaines de la vie : le soin à la terre et à la nature (avec l’agriculture bio et la biodynamie, la cueillette, l’agroforesterie et la conservation des semences), l’environnement construit (avec la bioarchitecture, les constructions de paille et terre, l’auto-construction et le solaire/passif), les outils et technologies (avec les principes de base de la réutilisation, la réparation et le recyclage, les énergies renouvelables, les déplacements en mobilité douce, etc.), la culture et l’éducation (avec, notamment, les pédagogies alternatives), ce qui touche à la santé et au bien-être spirituel (avec les médecines alternatives et holistiques, les disciplines qui prennent soin de la triade corps/esprit/âme, l’accompagnement des passages : naissance et mort), les finances et l’économie (avec les investissements éthiques, l’agriculture contractuelle – AMAP, etc. – le wwoofing et les SELs) et enfin, ce qui touche au patrimoine et à la gouvernance (les coopératives, éco-villages et toutes les modalités de la gestion de groupe et de la résolution de conflits).

On voit donc bien que la transition, ce n’est pas qu’une affaire de minimalisme, de jardinage, d’alimentation saine et de zéro déchet : la vision de la transition nous amène à reconsidérer tous les domaines de notre existence pour y mettre de l’équilibre, une gestion raisonnable des ressources du vivant – humain et autre qu’humain – et de la résilience de telle sorte que tout cela fasse système.

Et, même si ce n’est pas son intention initiale, elle est thérapeutique en soi car, lorsqu’on traverse avec attention et conscience quelque expérience que ce soit, celle-ci nous transforme, nous entraînant ainsi nous-même dans un processus de résilience où la vie et la vitalité prennent le dessus.

L’étendue de la notion nous indique que nous pouvons agir dans tous les domaines de notre vie pour veiller à un équilibre dynamique en faveur de la vie dans les relations, l’éducation, le rapport au vivant, etc. Et nous comprenons mieux à quel point chaque environnement que nous rejoignons peut être un lieu où contribuer.


Formations
Femmes en Transition
La transition, vous n‘y arrivez pas ?
Pas le temps ? Coûteux ? Fatigant ? Besoin de soutien et de partage ? Ce week-end vous permet de faire le saut sans retour.

• A Charleroi
• Les 19 et 20 janvier de 8h45 à 17h30
• 297 euros

Infos:
http://bit.ly/2PqykH2

Patricia Mignone

Patricia Mignone