Une passion, une envie, un talent… Il n’en fallait pas plus pour que la Brasserie du Renard naisse sous l’impulsion de Stéphane Vlaminck (aujourd’hui rejoint par Caroline Hofmans et Sylvain Delcourt). à la force du poignet et avec beaucoup de motivation en coulisses, la micro-brasserie – dont les bières sont progressivement labellisées bio – atteint doucement son rythme de croisière… 

Passionné d’agro-alimentaire et de technique, c’est en toute logique que Stéphane Vlaminck a décroché un diplôme d’ingénieur brasseur en 2005. « En 2008, j’ai commencé à brasser dans ma cave, avec l’aide de mon épouse, Caroline, et de quelques amis. C’était assez épique. Mais j’avais un but : je voulais créer une micro-entreprise et j’étais prêt à consentir à beaucoup d’efforts pour y parvenir. »

Professeur de chimie dans le même temps, le Grézien est déterminé à mener à bien son projet.

« Je voulais une bière qui soit un juste compromis entre les spécialités aux fruits (fort sucrées) et les lambic (plutôt acides). L’idée était de créer un breuvage fruité, mais qui ne soit ni sucré ni acide. »

A force de ténacité et fonctionnant par essais et erreurs, le brasseur en herbe parvient à un résultat satisfaisant deux ans plus tard. « On a brassé des bières aux groseilles, à la rhubarbe, aux coings, aux pommes, aux poires, aux prunes… Tout en les faisant goûter à un petit groupe de volontaires. » Mais ce n’est qu’après 5 ans, en 2013, que Stéphane Vlaminck met au point une vingtaine de recettes faisant l’unanimité.

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Des fonds…

En 2012, la Brasserie du Renard participe au projet « ImpulCera » et décroche une bourse de 5 000 € qui lui permet de réaliser un business plan. Dans la foulée, elle remporte une bourse de lancement de 10 000 €, qu’elle investit, cette fois, dans la communication et la constitution de la société (sous forme de société coopérative à finalité sociale). Une aubaine pour la brasserie, dont la mise en œuvre nécessite d’importants moyens financiers, pas faciles à trouver.

…Et des connexions

Toujours en 2012, dans le cadre du réseau d’économie sociale de Grez-en-Transition (une initiative citoyenne visant à mettre en place une économie locale sociale et solidaire), Stéphane Vlaminck rencontre un agriculteur bio du coin qui produit de l’orge et de petits fruits, qu’il utilise désormais pour fabriquer ses bières. Ceci dans une optique à la fois locale, environnementale et participative.

Dans un même esprit, le brasseur entre en contact avec la brasserie de la Lesse qui lui offre la possibilité de brasser sa bière dans ses installations professionnelles.  « Au lieu de brasser 30 litres dans notre cave, nous sommes passés à 2 000 litres, pour un temps équivalent. Un vrai confort ! », se réjouit le Brabançon. Une solution transitoire, à laquelle l’entrepreneur espère toutefois voir succéder sa propre brasserie, d’ici septembre 2016,  dans la commune de Grez-Doiceau où la Brasserie du Renard est installée.

Les seules bières wallonnes aux vrais fruits ?

Là où les groupes brassicoles « classiques » utilisent des sirops pour aromatiser leurs bières (à l’exception du lambic), la Brasserie du Renard utilise des fruits frais (parfois sous forme de jus – à hauteur de 3 à 5% selon les recettes). « à notre connaissance, nous sommes la seule micro-brasserie wallonne à introduire des fruits frais dans nos bières. Comme notre production est limitée, la gestion du stock de fruits nécessaires à la production de nos bières reste gérable, ce qui ne serait pas le cas pour des brasseries plus importantes. C’est entre autres pour cette raison que nous tenons à demeurer une micro-brasserie. »

Une bière vivante

La Brasserie du Renard propose actuellement six bières dont certaines sont déjà certifiées bio (toutes le seront d’ici le printemps 2016). Douces-amères, fruitées ou épicées mais non sucrées, elles sont brassées à partir de malts et de houblons soigneusement sélectionnés, de fruits et d’épices fraîches.

« Nos bières sont à la fois sèches et douces, tout en ayant de la rondeur et de l’amplitude en bouche. » Autre particularité : comme il s’agit d’une production artisanale, leurs arômes dépendent des récoltes de l’année. « Nos bières sont vivantes, non figées, et leur goût évolue en fonction des saisons. »

Et si vous deveniez coopérateur ?

Vous aimez la bière ? Vous souhaitez soutenir un projet économique porteur de sens dans votre région ? Dans ce cas, l’appel aux coopérateurs de la Brasserie du Renard peut vous intéresser ! Pour financer son projet, la micro-brasserie a en effet besoin d’environ 1000 coopérateurs prenant chacun au moins une part de 100 €. « Nos coopérateurs seront nos ambassadeurs. Ils bénéficieront également de ristournes sur l’achat de bières, de brassins privilégiés, participeront à l’Assemblée Générale et pourront récolter des dividendes jusqu’à 6% des bénéfices engrangés. Sans l’investissement citoyen, ce projet ne pourra pas exister. »

Virginie Stassen

Virginie Stassen

Les bières de la Brasserie du Renard sont disponibles dans la plupart des magasins bio en Brabant wallon et à Bruxelles.

Infos : www.brasseriedurenard.be

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Elodie Hubin