«Une nutrition adaptée à notre physiologie humaine»

Alain Mahieu fait autorité en Belgique en matière de nutrition, et plus précisément d’alimentation biocompatible. Dans un monde où les contradictions alimentaires se multiplient, le biologiste/nutritionniste remet les pendules à l’heure…

 

Alain Mahieu, d’où vous vient cette passion pour la nutrition?
un âge très précoce, vers 10-12 ans, je m’intéressais déjà à la nutrition, tout en percevant intuitivement les effets qu’elle pouvait induire sur la santé, mais toutefois sans en comprendre le fonctionnement et les mécanismes.

J’ai plus tard entamé des études de biologie qui m’ont permis d’y voir plus clair et de construire ainsi progressivement une approche alimentaire tirée de l’observation, de l’interrogation, de la réflexion et enrichie par l’expérience de terrain.

Savoir et pouvoir séparer le vrai du faux en matière de nutrition et de santé en écartant les dogmes et les partis pris, n’est pas une mince affaire.

Ce n’est que lorsque la réalité alimentaire a été appréhendée objectivement et qu’elle repose sur de solides arguments scientifiques que les résultats en matière de santé ne se font pas attendre… Inutile de vous dire qu’une telle approche ne peut souffrir d’aucune contradiction et incohérence, comme c’est le cas pour beaucoup d’écoles de diététiques…

Sur quoi se base votre méthode?
Tout d’abord, sur une question fondamentale et essentielle : «Quels sont les aliments qui nous sont adaptés génétiquement et qui entrent en adéquation avec notre métabolisme et notre physiologie?» La réponse est que les aliments qui ne doivent pas être manipulés et dénaturés pour être rendus comestibles sont ceux que nous pouvons parfaitement digérer et métaboliser.

Si nous devons transformer un aliment pour qu’il soit mangeable, c’est qu’il ne nous convient pas physiologiquement. Prenons l’exemple des protéines qui sont essentielles à notre santé. Animales ou végétales ? Les premières peuvent être ingérées crues sans devoir être transformées. Les secondes, comme les céréales ou les légumineuses, ne sont mangeables que cuites sous forme de bouillies, de galettes, de flocons ou de pain. Les protéines animales ont fait partie de notre environnement alimentaire depuis des centaines de milliers d’années.

Nous avons eu le temps de nous y adapter parfaitement. Les graines n’ont été introduites dans notre alimentation que beaucoup plus récemment. Ces constats ont déjà d’ailleurs été établis par un grand nombre de scientifiques, médecins et chercheurs comme entre autres le Dr Boyd Eaton, le Pr Lorain Cordain, le Dr Staffan Lindenberg, Guy-Claude Burger, Le Dr Jean Seignalet et le Dr Jacques Fradin. Je n’ai donc rien créé ni rien inventé.

Mon rôle a été d’établir des passerelles entre les découvertes de tous ces chercheurs afin d’en tirer une méthode syncrétique, cohérente et facile à appliquer, que j’ai baptisée Alimentation Biocompatible (ABC).

 

Quelles sont les conséquences d’une alimentation inadaptée?
qui ne font pas partie de notre plage alimentaire ne pourront être digérés correctement car l’organisme ne possède pas l’outillage enzymatique nécessaire à leur digestion, leur assimilation et leur métabolisation.

Conclusion : l’aliment partiellement digéré produira des métabolites toxiques (comme certains peptides venant des protéines) qui risquent d’endommager la membrane intestinale et même de rentrer dans le sang pour venir progressivement intoxiquer l’organisme. De plus, les protéines (animales ou végétales) portées à plus de 85°C engendrent elles aussi des toxiques dits de cuisson, qui pour la plupart, s’ils ne sont pas éliminés, vont encrasser l’organisme, engendrer des réactions immunitaires, relancer l’état inflammatoire et acidifier le terrain. C’est ainsi que s’ouvre le lit des maladies contemporaines comme les cancers, maladies cardio-vasculaires, diabètes etc.

Le binôme carence en nutriments et pléthore en toxiques intervient de manière prépondérante, dans l’étiologie de beaucoup de pathologies mais aussi de troubles liés au vieillissement, comme la baisse de puissance métabolique et la chute de la production d’enzymes et d’hormones.

Que peut-on manger?
Tous les légumes, les fruits frais, les fruits à coque crus (amande, noisette, noix), les viandes, la volaille (poulet, oie, canard), les œufs, les poissons de mer (surtout gras), les crustacés, les coquillages, les miels et le pollen frais etc. Bref tous les aliments ou assimilés auxquels nous avions pu accéder à l’époque du néolithique.

N’est-ce pas un peu dur et radical comme approche?
A priori, peut-être ! Mais nous intégrons toute une série de compromis qui, par leur hypotoxicité, n’impacte que très peu la santé. Comme par exemple le riz, le sarrasin, les charcuteries bio, les yaourts au lait de coco et le vin rouge bio. Les cuissons basse températures ainsi que la surgélation des aliments sont tout à fait acceptables…

De plus, le plaisir alimentaire est ici loin d’être absent. Il est même prépondérant, voire supérieur, à celui que nous connaissons avec l’alimentation industrielle.
Les bonnes associations sont également primordiales…

Exactement ! Introduire les bons aliments bio ne suffit pas. Il faut encore savoir comment les utiliser. Présenter tous les aliments à la fois sur la table constitue déjà un artifice récemment introduit dans l’histoire de l’alimentation humaine.

Notre tube digestif a toujours fonctionné au mieux avec une alimentation dissociée. D’où les problèmes digestifs induits par certains mélanges alimentaires incompatibles. Mais rassurez-vous, il existe cependant des mélanges neutres, voire favorables, comme les protéines et les légumes. Le problème est que l’on y ajoute souvent des féculents (qui associés aux protéines peuvent créer des troubles digestifs, ou du moins ralentir la digestion).


Vous mangez de la viande mais aimez les animaux… Comment composez-vous?
En effet, j’adore les animaux, mais je pense que nous avons besoin de consommer des protéines animales et que cette consommation peut s’effectuer dans le respect.
Les peuples traditionnels y parviennent très bien, avec parfois une dimension spirituelle et une gratitude envers l’animal qui les a nourris.

Cela n’a bien sûr rien à voir avec les élevages concentrationnaires et productivistes que nous connaissons et qui sont de véritables enfers pour les animaux. Ceux-ci sont gavés de tourteaux et de granulés, et saturés de toxines de stress, de vaccins, d’antibiotiques et d’hormones de croissances.

La souffrance animale est inacceptable. Il existe des élevages bio- artisanaux ou le bien-être des animaux est prioritairement pris en compte.

C’est dans cette direction que devrait s’orienter le politique lucide et éclairée… Pour se convaincre de la nécessité de manger de la viande, il suffit d’observer la nature : tous les organismes se mangent les uns les autres. La prédation est la clé de la vie.

Si vous la supprimez, tout l’écosystème s’effondre. Tout organisme doit manger du vivant pour se maintenir en vie. Combien de végétariens savent que les dernières recherches en botanique ont démontré que les plantes sont parfaitement conscientes de leur environnement et qu’elles manifestent comme nous des émotions. Il faut entrer dans une forme d’acceptation de la réalité.

Dans mon cas, le végétarisme, que j’ai pratiqué au début pendant plusieurs années, m’a amené à développer une pathologie dite incurable.

Elle était liée à la consommation en excès de céréales et d’hydrates de carbone (sucres, pain, biscuits), et d’une carence en protéines.


Alain Mahieu propose dans le cadre de son école, deux formations très accessibles;
« L’alimentation bio-compatible »
En l’espace de 6 jours, faites le tour de la question alimentaire de A à Z pour un changement durable dans votre quotidien. Vous saurez tout sur l’alimentation à laquelle nous sommes adaptés, démêlerez le vrai du faux et repartirez avec de solides informations.

« Les facteurs naturels de santé »
Hygiène naturelle, oxygéno-respiration, exercices physiques, autoguérison, hydrothérapie, … En 6 jours également, vous pourrez saisir ces différents facteurs, les maitriser et pratiquer, pour renforcer considérablement les effets de l’alimentation dans le cadre du maintien ou du rétablissement de la santé.

Le cycle de 6 cours est étalé sur l’année. Le coût d’un cours ? 90€, un montant démocratique, pour vous permettre d’acquérir de bonnes bases et prendre soin de votre santé.

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www.efelia.be
02 675 69 39

Virginie Stassen

Virginie Stassen

"Journaliste depuis vingt ans, j’aime jouer avec les mots comme certains manipulent la terre glaise, donner du rythme aux lettres, du piquant aux phrases, de la saveur aux pages… Lorsque le contenu rejoint mon autre passion (le bien-être au naturel et le développement personnel), mes doigts galopent de bonheur sur le clavier. Le Bioinfo, que j’ai rejoint il y a quelques années déjà, m’offre ce privilège à travers son tandem de choc, Fanny et Naceur, que je remercie au passage. Chaque rencontre, toujours riche de sens, me voit sortir grandie."