Ayant eu, dans ma jeunesse, une vie relativement mouvementée – avec une consommation élevée d’alcool et de tabac, et cela pendant des années, je me suis souvent demandé comment il se faisait que j’avais résisté à tout cela sans trop de dommages. Le secret est, sans doute, dans la pomme ! J’étais effectivement un grand mangeur de pommes, sans soupçonner toutefois toutes les vertus de celle-ci…

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Un dicton populaire énonce, il est vrai, qu’« une pomme par jour éloigne le docteur ». Voyons donc cela de plus près…

L’usage de la pomme remonte à des milliers d’années. L’ésotérisme et la magie blanche font de la pomme le symbole féminin par excellence, attribut de Vénus. En la partageant exactement en deux, verticalement, on peut y reconnaître une certaine ressemblance avec le système génital féminin. D’autres y voient, en la coupant horizontalement, une parfaite étoile à cinq branches. Au temps de Ramsès II, les Égyptiens offraient des pommes au plus éminent des prêtres, gardien des connaissances. Le citadin romain pouvait trouver des pommes aux étals des fruitiers, sur son marché ou dans les rues, car ces derniers avaient appris des Étrusques la technique de la greffe. Bref, la pomme fait partie de notre histoire et elle devrait retrouver nos faveurs…

Manger la pomme bio avec sa peau !

Souvent, nous lui préférerons des fruits exotiques, plus chers, moins écologiques et parfois de moindre valeur. À l’université de Liège, dans le cadre de recherches sur les anti-oxydants, on a classé les fruits suivant leur teneur en polyphénol : la pomme, avec sa pelure, obtient 138 mg par 100 g de polyphénol. Le kiwi, par exemple, en obtient 113.

La valeur ORAC est un test qui exprime, sous forme d’unité, la capacité  anti-oxydante  d’un aliment. La pomme rouge obtient 5 344 unités pour 125 g, l’orange 2 546 unités pour 140 g, le citron 654 unités pour 58 g, l’ananas 460 unités pour 82 g, le melon 128 unités pour 90 g. Mais attention ! En enlevant l’épluchure de la pomme, on enlève la moitié des anti-oxydants présents dans le fruit ! Il est donc important de manger la pomme entière, d’autant plus que les anti-oxydants de la chair et de la peau ne sont pas nécessairement les mêmes. Il vaut donc mieux manger une seule pomme bio que deux ou trois pommes industrielles auxquelles on doit enlever la peau.

pommeDes chercheurs américains ont étudié les habitudes alimentaires de plus de huit mille hommes, entre 1965 et 1999 ;
ils ont découvert une augmentation de 55 % de la maladie de Parkinson pour ceux qui consommaient quotidiennement des fruits, comparativement à ceux qui en mangent moins fréquemment. Les chercheurs précisent toutefois que ce n’est pas le fruit lui-même qui est en cause et que le danger provient plutôt des pesticides… Ou des toxines qu’il peut contenir, ainsi que j’ai pu le lire sur www.passeportsante.net. D’après certaines sources, la cire, étalée après récolte, sur les pommes industrielles contiendrait également des substances toxiques, comme la morpholine, qui a un effet cancérigène sur les animaux. De plus, nos aînés – notamment nos centenaires – mangeaient peu de fruits, et uniquement de la région, car tous les fruits exotiques n’existaient pas à leur époque. Toutefois, les pommes et les poires qu’ils consommaient ne contenaient, bien sûr, aucun des traitements « modernes » de notre chimie intensive. Et ils ne pensaient même pas à éplucher les pommes…

Ses propriétés « santé » et médicinales

La pomme a des propriétés anti-cholestérol grâce aux fibres solubles qu’elle contient, la pectine en particulier. De plus, les anti-oxydants de la pomme empêchent l’oxydation du cholestérol. Elle contient aussi 12 mg par 100 g de phytostérol, un anti-cholestérol naturel.

La pomme contient également un flavonoïde particulier, la phloridzine, qui freine l’ostéoporose et, selon des expériences sur la rate, augmente la densité osseuse. On trouve également, dans la pomme, de la vitamine K qui est bénéfique pour la densité osseuse et la prévention cardiaque. Mais on en trouve presque dix fois plus dans la pomme avec épluchure ! La vitamine K aurait un effet de prévention sur la maladie d’Alzheimer, car une de ses propriétés est de protéger des dégâts oxydatifs. Et si la pomme ne contient que 5,7 mg de vitamine C, son activité anti-radicalaire serait équivalente : pour 100 g de pommes entières, à 1 500 mg de vitamine C !

La pomme est très bonne pour la capacité pulmonaire ! Grâce à elle, les infections respiratoires sont moins nombreuses et la capacité respiratoire s’améliore, ainsi d’ailleurs que l’asthme. Le risque de développer le cancer du poumon diminue également. On compte 20 à 40 mg de quercétine par kilo de pommes, qui est uniquement présente dans la pelure et qui a une action anti-inflammatoire très intéressante dans les cas d’asthme ; elle a aussi une action anti-histaminique naturelle et permet ainsi de mieux combattre l’allergie. La pomme permet aussi l’amélioration de la santé de personnes souffrant de maladies cardio-vasculaires, également grâce à la quercétine qui a une action vasodilatatrice, anti-hypertension – elle est très riche en potassium, anti-thromboses et anti-agrégant plaquettaire.

La pomme a une action anti-cancer : elle diminue le volume du cancer du sein, bloque la reproduction des cellules cancéreuses du côlon et du foie dans des proportions très intéressantes. Et, encore une fois, c’est la quercétine qui serait impliquée…

La pomme a une action minceur. Prise deux heures avant le repas du soir, elle diminue l’appétit. On peut donc, par exemple, effectuer une diète à la pomme, un jour de la semaine.

La pomme combat aussi la constipation. Sa chair, mais surtout l’épluchure, contiennent de la pectine et d’autres fibres, ayant une action laxative douce. Il faut cependant la mastiquer très lentement.

• La pomme soigne l’entérite. Voici un remède expérimenté depuis longtemps, mais qu’il faut assortir de précisions importantes : il faut choisir des pommes farineuses et mûres que l’on râpe afin d’obtenir une sorte de purée de couleur brunâtre. Il faut ne donner que cela au malade, de 500 à 1 500 g suivant l’âge – 500 g pour l’enfant, en cinq fois, pendant un jour ou deux. La pectine contenue dans la pomme agglutinerait d’une façon très intense les nombreuses bactéries pathogènes et en atténuerait la virulence. Attention ! Cette purée de pommes doit être crue. Pendant la dernière guerre, un médecin militaire a réussi à guérir un grand nombre de malades atteints de dysenterie bacillaire grave, uniquement avec des cures de pommes ; il faisait consommer trois livres de pommes crues par jour ! Ces pommes devaient être soigneusement mastiquées. Dès le premier jour, les selles des patients étaient presque normalement moulées et, souvent, la guérison s’obtenait en quelques jours… La pomme détruit également la toxine du choléra jusqu’à 98 %.

La pomme combat l’hypertension. à cet effet, le professeur Léon Binet conseille l’association riz et compote de pommes. Le jus de pomme serait également intéressant dans ce cas. La pomme contient du potassium – de 107 à 130 mg par 100 g – et ce dernier a une action diurétique.

La tisane de pommes a un effet calmant sur le système nerveux. Cette boisson, consommée régulièrement, s’avère utile en complément des traitements contre la goutte, les rhumatismes, les affections hépatiques et intestinales, l’hypertension, les troubles cardiaques et les eczémas.

La pomme facilite encore l’élimination des métaux lourds, comme le plomb et le mercure.

Notons enfin qu’en médecine chinoise, les Méridiens destinataires de la pomme sont la rate, l’estomac et le poumon. D’après cette médecine millénaire,

Pratique la pomme

La pomme est un fruit très pratique à consommer. Personnellement, j’en emporte toujours dans mes voyages : pas besoin de les découper, ni surtout de les peler. Les pommes sont faciles d’emploi, désaltérantes et combien utiles pour la santé… De plus, elles réduisent l’appétit. Et il y a plein de façons de les consommer : en tisane, en pommade, en chips, en jus ou cidre, et en vinaigre de cidre !

Privilégier les anciennes variétés

Les pommes « modernes » ont d’énormes besoins en traitements chimiques, c’est pourquoi il est si important de favoriser les variétés anciennes telles que la reinette, la belle fleur, la belle de boskoop, la cox orange Pippin, la Jacques Lebel, la transparence blanche, la pomme Henry, la gueule de mouton, etc. Et, si vous devez planter un pommier, de grâce, choisissez des variétés anciennes, pour plus de saveur et surtout parce que ces variétés rustiques donnent de belles pommes sans produits chimiques.

On peut obtenir la liste des variétés anciennes au C.R.A.W. (M. Lateur au 081/62.03.49 ou au site des Tawes, à Liège (http://coupiletawes.xooit.be – coupilecho@yahoo.fr – tél. : 04/372.02.88 ou 0474/69.84.52).

D’après le fichier canadien des éléments nutritifs, si la red delicious contient un taux d’anti-oxydants de 2012 ppm (parts par million) dans la peau et de 358 dans la chair – soit un total de 2370, la golden n’obtient que 1265 dans la peau et 260 dans la chair – soit un total de 1525 ! Les reinettes, la calville ou la boskoop sont les mieux pourvues en vitamine C – de 8 à 25 mg pour 100 g – alors que les goldens en contiennent moins – 2 à 6 mg pour 100 g. D’énormes différences peuvent donc être observées parmi les variétés de pommes commerciales.

Pour la conservation, gardez les pommes au frais, et non à la température de la pièce de l’habitat, car elles continuent à mûrir et perdent leur saveur. L’idéal est de les conserver à l’abri de la lumière et de la chaleur, avec une bonne aération. On peut recouvrir les bacs de plastique perforé,comme pour les légumes, afin de garder l’humidité des fruits. Pour les petites quantités, le bac à légumes convient très bien, en les emballant dans un plastique perforé. Et la meilleure époque pour acheter des pommes est l’automne ! 

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Daniel Gramme

Naturopathe – herboriste

40, rue Morchamps à 4100 Seraing

Tél. 04/338.28.33

www.boutiquesante.be

boutique.sante@skynet.be

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Elodie Hubin