Prévention, dépistage et rééducation de l’écriture grâce à la graphothérapie

La graphothérapie est bien souvent confondue avec la graphologie qui consiste à analyser les traits de la personnalité d’un individu sur base de son écriture manuscrite. Le spécialiste de l’écriture, encore méconnu actuellement, porte le nom de graphothérapeute. Même si ses techniques et ses outils ressemblent à ceux du logopède et du psychomotricien, le graphothérapeute reste l’expert de l’écriture.

 

Si nous revenons à l’étymologie du mot pour nous aider à mieux le comprendre, nous découvrons que « graphía » signifie l’écriture et « therapeía » la cure. Il s’agit donc tout simplement d’un traitement mis en place pour rendre à l’écriture son efficacité (c’est-à-dire sa lisibilité et sa rapidité) et aussi pour redonner le plaisir d’écrire au scripteur qui retrouvera de la satisfaction dans l’acte d’écriture.

 

Les difficultés d’écriture, très présentes de nos jours, touchent davantage les garçons que les filles

La première étape est de conseiller, d’informer et de sensibiliser les parents, les enseignants, les médecins et autres professionnels de la santé avant même que des difficultés graphiques n’apparaissent.

La seconde étape consiste à dépister de manière précoce les troubles graphomoteurs au sens large au moyen d’un examen évaluant les possibilités graphiques de l’enfant à un moment précis.

Il peut s’agir de petites difficultés (nécessitant simplement un petit coup de pouce) ou encore d’un trouble spécifique de l’écriture appelé « dysgraphie ».

Lors de ce dépistage, le graphothérapeute doit également rester attentif aux éventuelles difficultés associées (troubles visuels ou attentionnels, en lecture et/ou orthographe…) en approchant l’enfant dans sa globalité de manière à pouvoir l’orienter vers un autre professionnel si nécessaire.

Une fois le diagnostic posé, le graphothérapeute juge de la nécessité d’entreprendre ou non une rééducation.

Il établit un plan de traitement, non pas pour modifier l’écriture mais pour optimiser le geste qui accompagne l’écriture.

Il met en place des stratégies personnalisées, progressives et adaptées pour enrayer les difficultés et éviter l’apparition d’autres troubles.

Généralement, 15 à 20 séances de 45 minutes par semaine suffisent. Ce nombre est naturellement adapté à chaque situation en fonction de la sévérité des symptômes.

 

L’enfant qui présente une écriture illisible, accompagnée parfois de lenteur et même de douleurs fournit de réels efforts qui passent malheureusement souvent inaperçus !

Les parents, les enseignants, les proches, peuvent, sans s’en rendre compte, avoir des paroles blessantes envers l’enfant en critiquant son écriture qui est pourtant le reflet même de son identité.

En effet, l’écriture joue un rôle de représentation personnelle, un peu comme une carte d’identité.

Alors imaginez l’effet ressenti par l’enfant lorsqu’il s’entend dire que son écriture ressemble à celle d’un cochon. Il arrive même que sa feuille soit déchirée sous son nez ou qu’il doive recommencer sa feuille d’écriture dans l’espoir que celle-ci soit de meilleure qualité.

Au lieu de se sentir encouragé et valorisé, c’est tout l’inverse qui se produit.

L’enfant développe ainsi un mal-être et des croyances du type « je suis nul… je n’y arrive jamais… j’abandonne…». Ses notes baissent à l’école, il se bloque dans les apprentissages. La spirale infernale de l’échec scolaire et la perte d’estime de soi s’installent progressivement.
 

Tous ont un rôle à jouer auprès de l’enfant en souffrance par rapport à son écriture. Il s’agit d’un véritable travail d’équipe.

Reconnaître sa souffrance, la respecter et tenter de la faire disparaître ou du moins de l’atténuer est le plus beau cadeau que nous puissions lui offrir.

Croire en lui, l’encourager et lui faire découvrir ses forces l’aidera à s’épanouir non seulement à l’école mais dans Sa vie. Un jour quelqu’un m’a dit : « Possible, tout est possible ! ».

Alors, en route vers la réussite…


Une brochure pour conscientiser

Auteur de la brochure créée en collaboration avec le GBGT (Groupement belge des graphothérapeutes) “Dépister et aider l’enfant dysgraphique” je vous invite à vous rendre sur le site www.gbgt.be pour vous la procurer.

Coralie Detrie
Logopède-graphothérapeute
info@coraliedetrie.be
www.coraliedetrie.be

Coralie Detrie

Coralie Detrie

En 2000, j’entame des études en logopédie à l’Institut Libre Marie Haps qui me font découvrir un panel de possibilités dans les prises en charge. Mon parcours me mène à rencontrer de nombreux enfants et adolescents présentant des troubles de l’apprentissage. Au fil du temps, je constate que bon nombre d’entre eux présentent souvent des difficultés au niveau de leur écriture. Je décide alors de me former à la graphothérapie pour pouvoir agir de manière efficace sur les 3 pôles du langage écrit, à savoir la lecture, l’orthographe et l’écriture. Les outils avec lesquels je travaille trouvent en partie leur source dans différentes techniques telles que le Brain gym, le RMT, la méthode félicitée et la gestion mentale. A côté de cela, j’accorde une place importante aux croyances limitantes. Je les travaille systématiquement au sein de chaque séance pour permettre à l’enfant de développer son potentiel et d’avancer vers sa réussite. Tout ce travail est naturellement mené en collaboration avec les parents et les enseignants, précieux alliés dans la relation thérapeutique.

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